préparation de la célébration de la journée internationale de la biodiversité Edition 2018

Organisation d'une journée de sensibilisation sur la valorisation de la biodiversité

HTML Document reserve intégrale des hypopotames

2.9.1. Description de l’Aire Protegee

2.9.1.1. Présentation

La Réserve Naturelle Intégrale (RNI) ou Sanctuaire des Hippopotames (SH) a été créée par décret N° 2017-630/PRN/ME/DD du 20 juillet 2017 portant classement de la Réserve Intégrale dite « Sanctuaire des Hippopotames ».

La Réserve Naturelle Intégrale est englobée par la Réserve Naturelle Nationale de Kandadji (RNNK). Elle est un polygone couvrant une superficie de dix kilomètres carrés (10 km²) ou dix mille (10 000  hectares)  soit 0,83 % de la superficie totale de la réserve pour la conservation des hippopotames (Hippopotamus amphibius).

La Réserve Intégrale de Kandadji est une Aire protégée de catégorie I b selon la classification de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) correspondant à une zone de nature sauvage, une aire protégée gérée principalement à des fins de protection des ressources sauvages.

 

 

 

 


2.9.1.1.1. Aspects Cartographiques 

Figure 62 Carte de la Réserve Intégrale des Hippopotames

 

Figure 63 Carte  de Réserve Intégrale des  Hippopotames (RIH)


2.9.1.1.2. Historique de la RIH

Cf. historique de la création de la RNNK

 

2.9.2. Diversité Biologique

2.9.2.1. Differents Types d’Ecosystemes de la RNI

L’écosystème de la RNI après la mise en eau deviendrait, un grand lac qui sera alimenté par  les eaux du Fleuve Niger. Cela permettra aux hippopotames de bien évoluer avec la profondeur du point d’eau

2.9.2.2. Ressources Végétales

Après la mise en eau c’est-à-dire après la réalisation du barrage, en principe il ne restera que la végétation aquatique dans le vase. En bordure ou en périphérie du Sanctuaire, ce serait une végétation semi-aquatique qui va se développer en dépit de l’envahissement de l’eau à certains endroits de la réserve.

2.9.2.4. Ressources Fauniques

Les ressources fauniques les plus importantes seraient surtout les Hippopotames et l’avifaune et certains reptiles tels que les crocodiles et quelques tortues aquatiques.

2.9.2.5. Statut des Espèces Fauniques

Les ressources fauniques qui doivent abriter cette Aire Protégée après la mise en eau seraient essentiellement constituées d’hippopotames. Pour préserver cette espèces du braconnage et régler en même temps les conflits Homme – Faune, nés de l’occupation de son espace et l’exploitation de son pâturage par l’homme, au délà de la Réserve Naturelle Nationale, cette réserve intégrale a été créée pour sanctuariser les hippopotames de la région.

Figure 64 Hippopotame au bord du Fleuve Niger

L’état de conservation des hippopotames au Niger est de manière globale préoccupant. Cette espèce n’existe nulle ailleurs dans les eaux du pays que dans le fleuve Niger et ses affluents. Même dans le fleuve Niger, compte tenu de certaines menaces et de la dégradation de leur milieu, l’espèce n’était pas distribuée de façon homogène. Les plus grands groupes sont localisés dans des endroits ayant des caractéristiques particulières ou ayant un statut d’Aire Protégée, comme le Parc W.

L’effectif total est très peu maîtrisé faute de recensement exhaustif, mais les estimations font état de la présence de plus de 200 têtes au niveau du site de Baramé (site de Firgoun). D’autres résultats de comptage de la population totale d’hippopotames présente sur le fleuve Niger, l’estimaient à 99 individus dont 12 à 20 individus dans la partie Parc W Niger, avec une taille moyenne de 11 individus par groupes (Abagana, 2012).

Par contre, dans la portion aval du Fleuve du Niger entre Kandadji et Boumba, des groupes se sont sédentarisés à partir de 1984 avec pour conséquences l’amplification des conflits Homme/hippopotames (Abagana, 2012).

Face à cette polémique de chiffres, un dénombrement des hippopotames du Niger, a été effectué du 25 Septembre au 05 Octobre 2013 sur le fleuve Niger. Ce comptage a concerné trois (3) régions (Tillabéri, Niamey et Dosso), il s’est réalisé de Tchermeka (Frontière Nigéro-malienne) à Dolé (Frontière Nigéro-nigériane) soit 550 km (République du Niger, 2014d). C’est le Fruit d’une collaboration entre la DFC/AP et le Projet Niger Fauna Corridor financé par le GEF et le PNUD (République du Niger, 2014d).

Cet inventaire vise la maîtrise de l’effectif de ces pachydermes au Niger d’Ayorou à Gaya) afin d’adopter les mesures de conservation nécessaires. La méthode appliquée est un comptage, total, direct, systématique et participatif à bord de pirogue motorisée (République du Niger, 2014d).

Les résultats enregistrés donnent un effectif de la population suivantes (République du Niger, 2014d) :

Tableau 36 Résultats du Dénombrement des Hippopotames en 2013

Départements

Effectifs

Ayorou

146

Téra

24

Tillabéri

40

Gothey

13

Commune 4 et 3 de Niamey

14

Kollo

67

Boboye

25

TOTAL

329

 

La Loi N° 98-07 du 29 avril 1998 fixant le Régime de la Chasse et de la Protection de la Faune au Niger, classe l’hippopotame sur la Liste I des espèces animales intégralement protégées au Niger, notamment à son article 21. L’article 43 d la même loi, réprime ceux qui ont fait acte de chasse et stipule : « quiconque aura chassé les animaux intégralement protégés en dehors des dispositions légales sera puni d’un emprisonnement de 2 mois à 6 an s et d’une amende de 40 000 à 4 000 000 FCFA, ou l’une de ces deux peines seulement ».

Preuve du caractère préoccupant de la situation, l'hippopotame a été placée sur ce qu'on appelle la « Liste Rouge » de l’UICN en mai 2006 comme vulnérable (VU A4 c, d). Tandis que la CITES le classe en Annexe II.  Il bénéficie aussi d’un régime de protection intégrale à la faveur des conventions de Ramsar et de Washington que le Niger a ratifiées.

Figure 65 Hippopotames dans une île du Fleuve Niger

2.9.3. Autres Ressources Naturelles

2.9.3.1. Ressources Hydriques

L’une des plus importantes ressources hydriques seraient le lac que le barrage va créé après sa mise en eau.

Ce pendant, il y aura des mares permanentes et temporaires qui vont se créées et être regulée par le système hydrographique.

Le Fleuve Niger serait la composante essentielle du système dans la mesure où c’est lui qui va alimenter le barrage de l’aval vers l’amont.       

2.9.3.2. Ressources Pastorales

Dès que le barrage sera fonctionnel, il va se développer autour des points d’eau formés, une végétation spontanée qui sera probablement dominée par les plantes aquatiques et semi-aquatiques. Cette végétation pourrait constituée des ressources pastorales pour les hippopotames dans la mesure où ils seront dans leur sanctuaire et que le pâturage est interdit pour le bétail domestique.  

2.9.3.3. Beauté du Paysages

Naturellement de par la profondeur du site de Kandadji, quelques groupes d’hippopotames évoluent dans la zone. La sanctuarisation du site permet d’accueillir d’avantage de groupes d’hippopotames. Cela va donner à la zone et particulièrement à la Réserve intégrale un autre visage.

2.9.3.4. Sites Touristiques

Compte tenu du statut de l’Aire Protégée, réserve naturelle intégrale, toute exploitation autre que celle qui rentre dans le cadre de la conservation des ressources naturelles, est formellement interdite.

2.9.4. Etat de Conservation de l’Aire Protégée

Pour le moment, aucune structure de gestion n’est mise en place afin d’évaluer l’état de conservation de la réserve.

2.9.5. Statuts de l’Aire Protégée

2.9.5.1. Statuts Juridiques

Le principale statut juridique de la Réserve Naturelle Intégrale des Hippopotames est le décret qui consacre sa création : le décret N° 2017-630/PRN/ME/DD du 20 juillet 2017 portant classement de la Réserve Intégrale dite « Sanctuaire des Hippopotames ».

la Réserve Intégrale de Kandadji dite « Sanctuaire des Hippopotames » est une Aire protégée de catégorie I b selon la classification de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) correspondant à une zone de nature sauvage, une Aire Protégée gérée principalement à des fins de protection des ressources sauvages. Par conséquent, il y est formellement interdit :

- D’entreprendre toute chasse, toute exploitation forestière, halieutique, agricole, pastorale ou minière, toute fouille ou prospection, tous sondage, tous travaux tendant à modifier l’aspect du terrain ou de la végétation et de manière générale tout acte de nature à nuire ou à apporter des perturbations à la faune ou à la flore ;

- De pénétrer, de transiter, de circuler, de camper ou de résider.

En outre, il est défendu de survoler la réserve à basse altitude sans autorisation écrite au préalable délivrée par l’autorité compétente.

Aussi, toute activité humaine est interdite dans le sanctuaire des hippopotames selon l’article 4 du décret de création de la réserve.

L’article 5 stipule que tout droit de passage dans la réserve est subordonnée à l’autorisation expresse du Ministre en charge des  Aires Protégées.

En outre, l’article 6 du même décret stipule que les contrevenants aux dispositions du présent décret sont passibles des sanctions prévues par la législation fixant le régime de la chasse et de la protection de la faune, ou toute autre réglementation en vigueur au Niger visant dans la conservation des ressources naturelles de la biodiversité.

Par ailleurs, l’Article 7 précise que le déclassement de la Réserve, la modification de ses limites ou de sa vocation doivent obéir aux mêmes formes et procédure que l’acte de classement.

Le décret N°2017-629/PRN/ME/DD du 20 juillet 2017 portant classement de la Réserve Naturelle Nationale de Kandadji (RNNK) conforte la conservation de la Réserve Naturelle Intégrale des Hippopotames dans la mesure où elle lui sert de zone tempon.

- la Loi Cadre relative à la gestion de l’environnement (La loi N° 98-56 du 29 décembre 1998) ;

- l’ordonnance n°92-30 du 08 juillet 1992, portant « principes directeurs d’une politique de développement rural pour le Niger » 

-  l’ordonnance n°93-015 du 02 mars 1993, portant principes d’orientation du code rural. Cette dernière pose les bases d’une véritable législation en matière de foncier rural et de gestion des ressources naturelles. Elle intervient non seulement pour « fixer le cadre juridique des activités agricoles, sylvicoles et pastorales dans la perspective de l’aménagement du territoire, de la protection de l’environnement et de la promotion humaine », mais également pour « assurer la sécurité des opérateurs ruraux par la reconnaissance de leurs droits et favoriser le développement par une organisation rationnelle du monde rural » à travers notamment plusieurs textes sectoriels.

Ce dispositif juridique national comprend en outre des règles plus sectorielles ; celles  en cours en ce qui concerne la Réserve Partielle de Faune de Dosso sont (Amadou & al., 2010) :

- la loi n°2001-032 du 31 décembre 2001 portant orientation de la politique d’aménagement du territoire ;

- la loi 2004-40 du 8 juin 2004 portant régime forestier au Niger et son décret d’application ;

- la loi n° 98-07 du 29 avril 1998 fixant le régime de la chasse et de la protection de la faune et son décret d’application (décret n° 98-295/PRN/MHE du 29 octobre 1998) ;

- la loi n° 98-042 du 07 décembre 1998 portant régime de la pêche ; 

- l’ordonnance n° 92-037 du 21 août 1992 portant organisation et commercialisation du transport de bois dans les grandes agglomérations ; 

- l’ordonnance n° 93-014 du 02 mars 1993 portant régime de l’eau modifiée par la loi n°98-041 du 07 décembre 1998 et complétée par le décret n°97-368/PRN/MH/E du 02 octobre 1997 déterminant les modalités d’application de l’ordonnance 93-014 ;

- Décret n°97-007/PRN/MAG/EL du 10 janvier 1997 fixant le statut des terroirs d’attache des pasteurs ;

– décret n°-006/PRN/MAG/E du 10 janvier 1997 portant réglementation de la mise en valeur des ressources naturelles rurales.

En matière de coopération sous régionale, les textes qui semblent les plus connus et d’application sont :

- la Décision A/Dec.5/10/98 relative à la réglementation de la transhumance entre les Etats membres de la CEDEAO du 31 octobre 1998 ;

- l’Accord bilatéral sur la transhumance entre le Burkina Faso et le Niger et l’Accord tripartite entre le Bénin, le Burkina Faso et le Niger relatif à la lutte contre le braconnage.

Concernant le niveau international, les instruments juridiques se caractérisent particulièrement autant par leur multiplicité que par leur diversité tant les domaines de compétences sont étendus. Il s’agit de conventions régionales (africaine, Organisations communes) ou internationales. Pour ces dernières, plus explicitement, il s’agit de (Amadou & al., 2010) :

- la convention relative aux zones humides d’importance internationale particulièrement comme habitats des oiseaux d’eau, dite convention RAMSAR du 11 février 1971 ;

- la convention concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel, dite convention de l’UNESCO, signée le 16 novembre 1972 ;

- la convention sur le commerce international des espèces de faune et de la flore sauvage menacées d’extinction, convention de Washington, CITES, signée et ratifié le 8 septembre 1975 ;

- la convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage dite Convention de Bonn, signée le 23 juin 1979 ;

- la convention sur l’aménagement, les procédures de constatations des délits et de répression des infractions dans les parcs nationaux en zone transfrontalière, signée dans le cadre du Conseil de l’entente le 7 septembre 1980. A ces conventions, s’ajoutent celles de l’après Rio (Amadou & al., 2010) :

- la convention sur la biodiversité, signée et ratifiée le 25 juillet 1995 ;

- la convention internationale sur la lutte contre la désertification dans les pays gravement touchés par la sécheresse et/ou par la désertification particulièrement en Afrique (CCD), signée et ratifiée le 19 juillet 1995 et ;

- la convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique, signée et ratifiée le 25 juillet 1995.

Ces conventions, signées et ratifiées par le pays, offrent des mécanismes institutionnels à travers des organismes comme l’UNESCO,  le fonds pour l’environnement mondial (FEM),  le FED, le PNUE, le PNUD, la BM, la BAD, …) (Amadou & al., 2010).

Au plan institutionnel, s’agissant du niveau national, la gestion des ressources naturelles et conséquemment celle des Aires Protégées dont la RNI fait intervenir une multiplicité d’acteurs nationaux et locaux : organe d’orientation politique, administrations centrales, déconcentrées ou non (Amadou & al., 2010). L’organe d’orientation politique en matière d’environnement est le Conseil National de l’Environnement pour un Développement Durable (CNEDD). Créé par Décret n° 2000-272/PRN/PM du 4 août 2000, le CNEDD regroupe l’ensemble des administrations nationales intervenant en matière d’environnement. Le CNEDD est représenté par des cellules régionales et sous-régionales exerçant au niveau décentralisé les mêmes attributions (Amadou & al., 2010).

2.9.6. Importance Socioéconomique de l’Aire Protégée

Au regard de son statut de Réserve Naturelle Intégrale où toute activité toute activité humaine est interdite dans le sanctuaire des hippopotames conformément à l’article 4 de son décret de création.

Cependant, en dépit de l’importance des ressources naturelles de la Réserve Intégrale, même si elles ne sont pas exploitées, il va de soit qu’elles aient une importance socioéconomique sans égard. 

2.9.7. Recherches Scientifiques dans l’Aire protégée

Pour le moment et de manière formelle, aucune recherche scientifique n’est menée avant l’installation des autorités de gestion de l’Aires Protégée.

2.9.8. Mode de Gestion de l’Aire Protégée

Le mode de gestion qui sera appliqué à cette Aire Protégée va consister à cumuler la gestion des deux (2) réserves (RNNK et RNI) par une même Unité de Gestion.

Le Conseil Consultative et le Conseil Scientifique et Technique seront mise en place conformément à l’article 6 du décret N°2017-629/PRN/ME/DD du 20 juillet 2017 portant classement de la Réserve Naturelle Nationale de Kandadji (RNNK).

Comme outils de gestion, il existe un Plan d’Aménagement et de Gestion (PAG) de la RNNK. Au cours de son élaboration, ce PAG n’a pas pris en compte, la Réserve Naturelle Intégrale. Par conséquent, un nouveau PAG devrait être élaboré pour intégrer les aspects de gestion du Sanctuaire des Hippopotames. Quand aux outils d’évaluation de l’efficacité de gestion ils seront appliqués dès que l’UGAP sera opérationnelle. Par contre, les mécanismes de financements durables doivent être recherchés pour assurer la mise en œuvre durables des activités des deux (2) Aires Protégées.

2.9.9. Participation des communautés Locales

De la même manière que la Réserve est créé de façon participative, c’est de cette manière que les populations locales peuvent participer aux activités de développement de la réserve.     

2.9.10. Potentialités écotouristiques de l’Aire Protégée

Pour le moment dans l’Aire protégée il n’y a aucune infrastructure touristique pour la mise en œuvre des activités touristiques.

2.9.11. Partenaires Techniques d’Appui

Les Partenaires Techniques d’Appui sont pratiquement les même pour la RNI et pour la RNNK.

2.9.12.  Acquis, Défis et Perspectives

Le principal acquis est la création à l’intérieur de la RNNK, la réserve intégrale ou le sanctuaire des hippopotames pour la conservation de cette espèce et le règlement des conflit Homme/Faune.

Pour ce qui est du défis de la conservation de cette Aire Protégée, c’est d’arriver à conserver cette espèce de l’état de dégradation accélérée  dans laquelle les hippopotames sont confrontés dans la zone et régler les conflits Homme/Faune.

Pour les perspectives, il s’agira d’opérationnaliser au plus tôt l’UGAP pour la gestion des deux (2) réserves : la RNNK et la RNI.

Assoire une bonne gouvernance pour la gestion et la conservation des ressources naturelles.

Release date 29/04/2019
Contributor sani issaka