préparation de la célébration de la journée internationale de la biodiversité Edition 2018

Organisation d'une journée de sensibilisation sur la valorisation de la biodiversité

HTML Document caracteristiques de la reserve de Kandadji

2.8.1. Description de l’Aire Protégée

2.8.1.1. Presentation de la Réserve Naturelle Nationale de Kandadji

La Réserve Naturelle Nationale de Kandadji (RNNK) a été créée par décret N°2017-629/PRN/ME/DD du 20 juillet 2017 portant classement de la Réserve Naturelle Nationale de Kandadji (RNNK). Cette réserve est un polygone dont le périmètre s’étend sur cinq cent vingt (520) kilomètres et couvrant une superficie de un million deux cent sept mille (1 207 000) hectares ou mille deux cent sept kilomètres carrés (1 207 km²). Elle a son sein, une Réserve Naturelle Intégrale ou Sanctuaire des Hippopotames. La RNNK est situé dans la Région de Tillabéry avec les coordonnées 0o 59’ longitude Est et 14o37 latitude Nord. Elle est à 187 km en amont de Niamey et à 61 km de la frontière malienne et couvrant les parties des territoires des communes de Anzourou, Gothèye, Bibiyergou, Inates, Téra, Ayorou, Dessa, Mehana, Bankilaré, Gorouol, Dargol, Kourtey, Tillabéri, Sinder, Sakoira et Kokorou.

La question de la conservation de la nature liée à la construction du barrage de Kandadji constitue une préoccupation véritable pour le Niger. De part sa position dans la chaîne trophique, la faune sauvage est en effet très sensible aux modifications qui surviennent dans son habitat. Le milieu demeure très fragile et une quelconque perturbation générée par une activité humaine non raisonnée, pourrait avoir des conséquences néfastes et parfois irrémédiables. La situation est d’autant plus grave que les populations qui, depuis toujours, apprécient la faune sauvage pour de nombreuses raisons, d’ordres nutritionnel et culturel, entre autres, exercent sur elle, aujourd’hui, une pression dont les conséquences sont le plus souvent négatives et d’innombrables conflits entre l’homme et la faune sauvage sont observés dans la zone d’Ayorou. Il est certain que si aucune prédisposition n’est prise concernant ces espèces menacées, ces dernières risquent de connaître le même sort que l’Oryx, ou l’Autruche à cou rouge (dans la partie septentrionale du pays) ou le Sitatunga qui a disparu de sa zone de répartition dans la portion Nigérienne du fleuve Niger.

Une des prédispositions possibles répondant à tous les impératifs pour la sauvegarde des ressources naturelles en danger est la mise en place d’une aire protégée (AP). C’est dans cette optique, pour bonifier les impacts du barrage, en plus de la réalisation de la passe à poisson, que le P/KRESMIN a inscrit la création d’une AP qui intègre les zones insulaires disséminées au sein du réservoir et la zone de confluence entre le Gorouol avec le fleuve Niger (flanc droit), au niveau de laquelle une presqu’île sera instituée après le remplissage du réservoir.

 


2.8.1.1.1. Aspects Cartographiques de la RNNK

Figure 61 Carte de  La Réserve Naturelle Nationale  de Kandadji (RNNK)


2.8.1.1.2. Historique de la RNNK

La création de la RNNK a suivi un processus qui ne date pas d’aujourd’hui. En effet, La construction d’un barrage à « Kandadji » sur le parcours nigérien du fleuve Niger, a été envisagée au milieu des années 1970 dans un contexte économique particulièrement marqué à l’époque par la recherche de l'autosuffisance alimentaire et la lutte contre la crise de l'énergie.

- De ce fait, les premières études envisageaient un concept de projet ambitieux, axé sur la production d'énergie hydroélectrique, le développement agricole de la vallée et la navigation, autour d’un important barrage.

Plus tard, au regard de son caractère très ambitieux et de la situation difficile des finances publiques de l’Etat, le projet a été mis en veilleuse.

Cependant, la dégradation continue des écosystèmes de la vallée du fleuve et des débits d’étiage, particulièrement au cours des deux dernières décennies, a amené les autorités nigériennes à revoir les options antérieures envisagées pour le site de «Kandadji».

- A partir de 1998, le Niger a commandité l’étude de faisabilité d’un projet répondant aux nouvelles exigences de viabilité économique et environnementale, sur financement de la Banque Africaine de Développement (BAD) à travers le Fonds Africain de Développement (FAD), dont les résultats ont permis d’élaborer un programme intégré de gestion des ressources naturelles du bassin du fleuve au Niger, intitulé Programme « Kandadji » de Régénération des Écosystèmes et de Mise en valeur de la Vallée du Niger (P-KRESMIN).

- Le gouvernement du Niger a adopté en 2002 le Programme « Kandadji » de Régénération des Ecosystèmes et de Mise en valeur de la vallée du Niger (P-KRESMIN). Cette adoption secondée par plusieurs études de détail dont une Etude d’impact Environnemental et social détaillée qui a fait ressortir, entre autres impacts majeurs, la perte d’une zone d’importance pour la conservation des oiseaux, la réduction des mouvements des poissons et d’autres espèces fauniques sauvages emblématiques. Pour atténuer ces impacts, en plus de la réalisation de la passe à poissons, l’étude a souligné l’impérieuse nécessité de créer une Aire Protégée qui intègre les zones insulaires disséminées au sein du réservoir et la zone de confluence entre le Gorouol avec le fleuve Niger (flanc droit), au niveau de laquelle une presqu’île sera instituée après le remplissage du réservoir. Pour satisfaire cette préoccupation, le processus de création de l’Aire protégée était enclenché avec l’exécution de deux étapes fondamentales. Ceci a permis d’aboutir à l’élaboration d’un document de gestion de la vie sauvage et des habitats naturels appuyé par un argumentaire et d’une proposition d’avant projet de décret de classement conformément aux dispositions du Décret No 98-295/PRN/MH/E du 29 octobre 1998 portant application de la Loi No 98-07 du 29 avril 1998, fixant le régime de la chasse et de la protection de la faune.

- 2001, recensement des oiseaux d’eau réalisé par J Brouwer 92 495 oiseaux dénombrés entre le complexe de mares (Namga/Kokorou/Tida) et la zone du fleuve Niger. La zone d’Ayorou, située sur le fleuve près de la frontière malienne, pourrait constituer une réserve fluviale (oiseaux aquatiques, hippopotames, crocodiles, lamantins, poissons). La population totale d’hippopotames sur le fleuve Niger est estimée à 99 individus avec un effectif de 61 individus dans la zone du futur réservoir du barrage de Kandadji soit 62 % de  l’effectif total en territoire nigérien.

En ce qui concerne les loutres et les lamantins, de nombreuses études spécifient cette zone comme zone de prédilection et notifient leur présence en tant que faune résidente.

Les impacts majeurs identifiés lors de la réalisation de l’EIES du P/KRESMIN sont la perte de la ZICO d’Ayorou, la réduction des mouvements des poissons à migrations longitudinales et des espèces fauniques emblématiques telles que l’hippopotame (Hippopotamus amphibius), le lamantin d’Afrique (Trichechus senegalensis), les loutres (Aonyx congicus, Aonyx capensis et Lutra maculicollis), etc.

Pour bonifier ces impacts, en plus de la réalisation de la passe à poisson, le P/KRESMIN a inscrit la création d’une aire protégée qui intègre les zones insulaires (environ une vingtaine) disséminées au sein du réservoir et la zone de confluence entre la rivière Gorouol avec le fleuve Niger (flanc droit), au niveau de laquelle une presqu’île sera instituée après le remplissage du réservoir.

- La  réalisation en 2008 des comptages de population d’hippopotame  entamé depuis  2002 par le Laboratoire  d’Ecologie  des  Hydrosystèmes Fluviaux  (Université  Lyon1) en  partenariat avec  la Direction de la Faune de la Pêche et de la Pisciculture (DFPP).

- 2009, Création d’un Haut Commissariat à l’Aménagement de la Vallée du Niger

Le Haut Commissariat à l’Aménagement de la Vallée du Niger a élaboré en 2011, un Plan de Gestion de la vie sauvage et des habitats naturels pour assurer la gestion durable de « zone de biodiversité compensatoire » de la zone d’intervention du Programme « Kandadji » conformément à la législation en vigueur au Niger.

- 2012, Elaboration d’un Argumentaire pour le classement de la zone de Kandadji en Aire Protégée.

- Octore 2013, création du comité ad hoc de classement de la future Aire Protégée de Kandadji

- 2013 Mission de confirmation et de caractérisation de la zone de prédilection de la gazelle à flanc roux dans les communes de Sakoira et Anzourou ;

- 2013, Signatures des arrêtes au niveau Régional, départemental et communal ;

- 2013, Réunion du comité technique national de l’AP de Kandadji ;

- 2014, Mission d’information et de sensibilisation des acteurs sur de l’AP de Kandadji et installation des comités Ad’ hoc au niveau régional, départemental et communal de l’AP de Kandadji ;

- 2014, Consultations publiques avec les populations sur le processus de la création l’Aire Protégée ;

- 2014, Elaboration de l’avant projet de classement de l’Aire Protégée ;

- 2015, Transmission du projet de texte au Gouvernement          ;

- Juillet 2017, adoption du décret de classement de la Réserve Naturelle Nationale.  

2.8.2. Diversité Biologique

Le Niger dispose d’importantes potentialités en matière de diversité biologique comportant les différents écosystèmes, la diversité spécifique et la diversité génétique de la flore et de la faune (République du Niger, 2014c). Cette diversité biologique comporte, en plus des biotopes, d’une grande variabilité écologique lui conférant un patrimoine faunique et floristique très particulier. En effet, au stade actuel des connaissances en matière de diversité biologique, le pays compte environ 2.761 espèces végétales et au moins 3.200 espèces animales dont 168 mammifères et 512 espèces d’oiseaux  et 2.021 espèces d’insectes soit 63% des espèces (République du Niger, 2014c).

Parmi les insectes, l’ordre des Coléoptères avec 1.112 espèces, représente à lui seul 55% des espèces ; dans cet ordre, il faut distinguer (WWF, 2010) :

- les Coléoptères Ténébrionidés ont fait l’objet d’une investigation approfondie au plan de l’inventaire systématique ainsi que l’ordre des Orthoptères, groupe important économiquement ;

- les Scarabéidés, les Aphididés et les Carabidés ont également fait l’objet d’études sur l’ensemble du territoire national ;

- les Coléoptères Staphylinidés, mal connus méritent une attention particulière surtout qu’ils se nourrissent des diptères vecteurs de maladies ;

- les Acridiens, groupe qui représente une menace permanente sur les cultures et la végétation naturelle devraient être mieux connus.

Ces espèces animales se répartissent entre les principaux embranchements suivant: Protozoaires, Spongiaires, Plathelminthes, Annélides, Arthropodes et le Phylum des vertébrés (WWF, 2010).

A ces 3.200 espèces, il faut ajouter celles appartenant à certains groupes du zooplancton continental, notamment les Rotifères par 44 genres, les Crustacés copépodes (38 genres), les Crustacés cladocères (32 genres) (WWF, 2010).  Parmi les Protozoaires, il faudrait prendre en compte des Amoeubida qui sont des amibes nues dont au moins 3 genres existent au Niger : Mastigameobida, Vahlkampfia, Chaos, Polomyxia, Acanthamoeuba et Hartonanella (WWF, 2010).

2.8.2.1. Differents types d’écosystèmes de la RNNK

L’analyse factorielle des correspondances a permis de mettre en évidence 5 grands groupes de végétation.  Il s’agit de (i) Végétation des bourgoutières; (ii) Végétation des mares du Liptako; (iii) Végétation des mares du lit majeur du fleuve; (iv) Végétation de terre ferme des îles/galerie forestière ; (v) Végétation semi-aquatique des berges du fleuve et (vi) Steppes arbustive et buissonnante (Plan de Gestion Kandadji, 2010).

2.8.2.1.1. Végétation des bourgoutières

Les écosystèmes de la vallée du fleuve comprennent ainsi, les communautés à Echinochloa stagnina communément appelée bourgoutière qui forme un réseau trophique pour l’ichtyofaune et les amphibiens. Ces bourgoutières se développement sur les berges des îles et forment des tapis flottants mais fixés dans la vase pendant les périodes de hautes eaux. Elles forment un habitat favorable au développement des poissons et diverses espèces d’oiseaux et constituent une alimentation de base pour les hippopotames, les lamantins, les animaux domestiques et diverses autres espèces (Plan de Gestion Kandadji, 2010). Les espèces végétales caractéristiques varient en fonction de la position topographique sur les berges et la profondeur de l’eau (Plan de Gestion Kandadji, 2010). Les espèces caractéristiques de saison sèche sont Echinochloa stagnina, Coldenia procumbens, Polygonum senegalense, Glynius lotoides. En période des hautes eaux Coldenia procumbens et Glynius lotoides disparaissent et Echinochloa stagnina forme des prairies aquatiques ponctuées de plage à Polygonum senegalense (Plan de Gestion Kandadji, 2010).

En plus de ces communautés, Tristicha trifaria est une Podostomonaceae qui se développe sur les rochers périodiquement inondés au niveau des chutes et rapides. Ces milieux sont fréquentés par le Pluvian d’Egypte (Pluvianus aegyptius) (Plan de Gestion Kandadji, 2010).

2.8.2.1.2. Végétation des mares

Les mares des anses du fleuve constituent les lieux de séjour pour plusieurs espèces de la faune aviaire. La végétation des mares se distingue en deux (2) types (Plan de Gestion Kandadji, 2010) : la végétation des mares du Liptako et la végétation des mares du lit majeur du fleuve. 

La structure en bandes constituées par les communautés suivantes qui se substituent en fonction de la profondeur de l’eau (Plan de Gestion Kandadji, 2010) : (1) au centre se structure une communauté à Nymphaea micrantha, Nymphaea lotus et Sphenoclea zeilanica, (2) suivi d’une ceinture à Heteranthera callifolia, (3) de Oryza longistaminata et (4) en fin une ceinture à Echinochloa colona. Les organes de ces plantes constituent la base de l’alimentation d’espèces aviaires emblématiques dont la grue couronnée (Balearica pavonina), l’oie de Gambie (Plectropteris gambensis), le dendrocyne veuf (Endrocygna viduata), l’ibis sacré (Threkionis aethiopica), etc (Plan de Gestion Kandadji, 2010).

2.8.2.1.3. Végétation semi-aquatique des berges du fleuve

Ce type de végétaton s’est développée pour le cas de la zone de la Réserve Naturelle Nationale de Kandadji en bordure des plans d’eau, sur les îles. Dans ce milieu, s’est développé un genre de peuplements semi-aquatiques tels que (Plan de Gestion Kandadji, 2010) :

- Communauté à Polygonum senegalense et Echinochloa stagnina ;

- Communauté à Eichhornia crassipes ;

- Communauté à Leptochloa coerulescens et Stachytarpheta angustifolia ;

- Communauté à Glinus lotoides.

2.8.2.1.4. Végétation de terre ferme des îles

Quant aux écosystèmes terrestres, ils comprennent les steppes arbustives à Acacia raddiana et Balanites aegyptiaca et les steppes buissonnantes à Leptadenia pyrotechnica. Ces steppes constituent les principaux supports du cheptel de la zone. Dans les environs des mares on note un abroutissement important des arbustes (Balanites aegypotiaca, Acacia raddiana, Bauhinia rufescens, Ziziphus mauritiana) (Plan de Gestion Kandadji, 2010).

A l’intérieur de ces écosystèmes existent des milieux particuliers constitués de mares endoréiques qui regorgent une flore particulière dont les principales sont Najas baldwinii, Nymphaea lotus, Nymphaea maculatus, Weisneria schwinfurthii. Cette flore particulière forme un habitat particulier pour l’avifaune notamment pour Jacana (Actophilornis africana), dendrocyne veuf, et l’oie de Gambie (Plan de Gestion Kandadji, 2010).

Sur les rives du fleuve Niger et de ses affluents se développent une sorte des forêts rupicoles et des galeries forestières avec ses grands arbres tel le cola laurifolia, le ceiba pentendra, l’Anogeisus leocarpus, Tamarindus indica …

2.8.2.1.5. Savane Boisée

A côté des steppes et des savanes arbustives, on distingue sur la terre ferme, un autre type de végétation qu’on peut qualifier de savane boisée. En effet, des savanes se développent souvent au environ des points d’eau (mares, rivières et fleuve). Les espèces les plus fréquemment rencontrées sont : Balanites aegypotiaca, Acacia raddiana, Ziziphus mauritiana, Tamarindus indica, Bauhinia, rufescens, Acacia nilotica, Acacia seyal …

La différence entre ce genre de végétation et les steppes arbustives ou la savane arbustive, c’est surtout au niveau de la composition spécifique, la densité du nombre de pieds d’arbre à l’hectare mais aussi la hauteur des arbres.  

2.8.2.2. Composition des Ressources Végétales

La prospection réalisée dans l’environnement du futur barrage de Kandadji a permis de recenser plusieurs espèces végétales. Environ 230 espèces végétales ont été récoltées dans la zone d’influence du barrage (Plan de Gestion Kandadji, 2010).

Cette valeur ne reflète qu’une partie de la diversité végétale dont regorge ce milieu. En effet, suivant la phénologie des espèces, la plupart d’entres elles apparaissent pendant la crue du fleuve qui survient aux mois de décembre à janvier (Plan de Gestion Kandadji, 2010). Nonobstant cela, l’environnement du barrage de Kandadji comprend divers écosystèmes notamment les écosystèmes de la vallée du fleuve Niger constitués par les îles, les écosystèmes des mares formées dans les anses du fleuve, ceux des mares endoréiques et de terre ferme (Plan de Gestion Kandadji, 2010).

2.8.2.2.1. Espèces Ligneuses

Les espèces ligneuses de la RNNK sont principalement composées de (Plan de Gestion Kandadji, 2010) :

Acacia albida

Acacia laeta

Acacia nilotica

Acacia seyal

Acacia senegal

Acacia gourmaensis

Balanites aegyptiaca

Celtis integrifolia

Crataeva adansonii

Diospyros mespiliformis

Ficus sycomorus

Hyphaene thebaica

Mitragyna inermis

Raphia sudanica

Salvadora persica

Tamarindus indica

Adansonia digitata

Acacia raddiana

Bauhinia rufescens

Anogeissus leiocarpa

Faidherbia albida

Acacia Albida

Mitragyna inermis

Vachellia seyal

Vachellia nilotica

Ziziphus mauritiana.

2.8.2.2.2. Espèces Herbacées

Les espèces herbacées identifées dans la RNNK sont les suivantes (Plan de Gestion Kandadji, 2010) :

Coldenia procumbens

Cyperus papyrus

Echinochloa colona

Echinochloa stagnina

Eichhornia crassipes

Heteranthera callifolia

Ipomea aquatica

Najas baldwinii

Nymphaea micrantha

Nymphaea maculatus

Nymphaea lotus

Oryza glaberrmna

Oryza longistaminata

Pista stratiotes

Polygonum senegalense

Sacciolepsis africana

Schoenefeldia gracilis 

Sphenoclea zeilanica

Tristicha trifaria

Weisneria schwinfurthii

Leptochloa coerulescens

Stachytarpheta angustifolia

Glinus lotoides

 

2.8.2.3. Statut des Espèces végétales

Dans le contexte de la zone d’influence du programme Kandadji, les tendances actuelles relatives aux ressources naturelles sont plutôt vers une évolution régressive de leur richesse ainsi que de leur diversité (Plan de Gestion Kandadji, 2010). Cependant, en l’absence de tout dispositif de suivi et de données unifiées pour l’ensemble de la zone, l’appréciation ne peut être que qualitative. Par ailleurs, l’appauvrissement de la diversité biologique s’est traduit autant par une perte de la diversité spécifique qu’un affaiblissement voire une disparition des populations viables (Plan de Gestion Kandadji, 2010).

L’approche diachronique permet néanmoins de dégager avec réalisme et fiabilité les tendances globales. C’est ainsi que tenant compte de ses remarques, les tendances données sont fortement nuancées (Plan de Gestion Kandadji, 2010). D’un point de vue général et au plan spatial, il apparaît que la perte de la diversité biologique de la zone d’étude est générale. Deux facteurs majeurs semblent expliquer cet état de fait, à savoir la densité humaine qui est inégale d’une part et d’autre par la diversité des types des milieux (Plan de Gestion Kandadji, 2010).

S’agissant des composantes végétales, les modes actuels de gestion des terres et de mise en valeur incontrôlée des ressources naturelles auxquels s’ajoutent les effets de plus en plus marqués par la variabilité climatique, concourent aussi bien à la disparition des formations naturelles qu’à la diminution visible des taux de recouvrement et à l’apparition/disparition dans les paysages de nouvelles espèces. Cependant, l’appauvrissement de la richesse et de la diversité chez les espèces ligneuses est beaucoup plus perceptible (Plan de Gestion Kandadji, 2010).

La dynamique  des ressources naturelles est fortement liée à l’anthropisation de plus en plus croissante du territoire avec un taux démographique beaucoup plus important associé aux fortes migrations (Plan de Gestion Kandadji, 2010). Quatre (4) zones de concentration humaine sont identifiées (Plan de Gestion Kandadji, 2010) : une zone inhabitée, une de faible concentration, une de  moyenne concentration, et enfin une dernière  zone de forte concentration le long de la vallée du Niger.

En outre, dans cette zone de la RNNK, en dépit de l’importance du cheptel le surpâturage, le broutage, les feux de brousse, les coupes abusives constituent une préoccupatoion majeure. Aussi, les défrichements pour l’installation des champs de cultures et les effets des impacts liés à la variabilité et au changement climatique, complique d’avantage la situation des espèces végétales.

C’est pourquoi, le ‘’Bourgou’’ (Echinocloa stagnina) qui est l’une des principales espèces appetées de base des hippopotames et du bétail domestique fait malheureusement l’objet d’une exploitation abusive consistant à faucher l’herbe pour le vendre dans d’autres zones d’où une des sources de conflit Homme/Hippopotame dans la région.

2.8.2.4. Ressources Fauniques

La Réserve Naturelle Nationale de Kandadji regorge d’importantes potentialités en ressources fauniques dont plusieurs espèces comme le crocodile du Nil (Crocodylus suchus), l’hippopotame (Hippopotamus amphibus), la loutre à cou tacheté (Lutra maculicollis) ou à joue blanche (Aonyx capensis), le lamantin (Trichechus senegalensis) et la grue couronnée (Balearica pavonina), sont actuellement menacées d’extinction.

2.8.2.4.1. Mammifères

En plus du buffle et de l’éléphant qui migrent pendant certaines périodes de l’année dans la zone du noyau central (Kolmane), le chacal commun (Canis aureus), le phacochère (Phacochoerus aethiopicus), l’écureuil (Heliosciurus sp.) et le lièvre commun (Lepus europaeus) sont également présents dans la zone du Programme Kandadji. Aucune de ces espèces en dehors de deux (2) premières n’est sur la liste des espèces menacées (UICN, 2004). Cette liste n’est pas exhaustive (Plan de Gestion Kandadji, 2010). Il s’agit de :

Buffle d’Afrique (Syncerus cafer savanensis ;

Eléphant d’Afrique (Loxodonta africana)

Gazelle dorcas (Gazella dorcas) ;

Gazelle rufifron (Gazella rufifron) ;

Hippopotame (Hippopotamus amphibus)

Chacal commun (Canis aureus)

Phacochère (Phacochoerus aethiopicus)

Ecureuil (Heliosciurus sp.)

lièvre commun (Lepus europaeus).

2.8.2.4.2. Avifaune (oiseaux)

Cette zone abrite des espèces sédentaires importantes (au moins deux espèces d’outardes), des migrateurs afro-tropicaux tels que la grue couronnée et la cigogne d’abdim et des espèces paléarctiques qui représentent près de 45 % des oiseaux dénombrés dans la région de Tillabéri, à l’aval de Kandadji, en février 2005 (Plan de Gestion Kandadji, 2010). La sauvagine (37153 individus) et les limicoles (24 028 individus) forment l’ensemble des espèces paléarctiques présentes ; parmi les espèces les plus significatives, on note la sarcelle d’été (Anas querquedula) (33470 individus), la barge à queue noire (5561 individus) et le chevalier combattant (Philomachus pugnax) (17418 individus) (Plan de Gestion Kandadji, 2010).

Les espèces paléarctiques significatives observées à l’intérieur des sept stations le long du fleuve sont les mêmes que pour l’ensemble de la région (Plan de Gestion Kandadji, 2010) : la sarcelle d’été (Anas querquedula) (8 705 individus), la barge à queue noire (Limosa limosa) (2835 individus.) et le chevalier combattant (Philomachus pugnax) (10163 individus).

Parmi les espèces qui peuvent être migratrices intra-africaines, notons le dendrocygne veuf (Dendrocygna viduata) (37044 individus pour la région et 8114 individus pour les stations du fleuve) et le dendrocygne fauve (Dendrocygna bicolor) (683 individus), observé exclusivement dans le complexe de mares (Plan de Gestion Kandadji, 2010).

Liste des espèces d’oiseaux de la RNNK (Plan de Gestion Kandadji, 2010) :

Grue couronnée (Balearica pavonina)

Cigogne d’abdim (Ciconia abdimii)

Chevalier combattant (Philomachus pugnax)

Dendrocygne veuf (Dendrocygna viduata)

Dendrocygne fauve (Dendrocygna bicolor)

l’ibis sacré (Threkionis aethiopica)

Pluvian d’Egypte (Pluvianus aegyptius).

Oie de Gambie (Plectropteris gambensis),

Outardes du Sénégal (Eupodotis senegalensis)

Grande outarde arabe (Otis arab)

Jacana Africain (Actophilornis africana)

Sarcelle d’été (Anas querquedula)

Spatule blanche (Platalea leucorodia )

2.8.2.4.3. Icthyofaune

Selon l’inventaire ichtyo biologique réalisé par Coenen (1987), 98 espèces de poissons reparties en vingt deux (22) familles dont dix (10) monospécifiques constituent la diversité ichtyologique du fleuve Niger. Cependant, la disparition de Arius gigas dans les pêcheries de la vallée du fleuve Niger a bien été notifiée par Coenen (1987) qui mettait en exergue les menaces qui pèsent sur certaines espèces de poissons présentent dans les pêcheries du Niger Moyen mais absentes dans celles du Niger Supérieur (Plan de Gestion Kandadji, 2010).

Selon le même auteur, en dehors de Arius gigas dont la dispartechniques eition est liée sa surexploitation et sa faible résilience écologique, toutes les autres espèces absentes dans les captures, sont le plus souvent des espèces de petites tailles, celles qui sont faiblement recrutées et celles qui sont invulnérables aux engins de pêche utilisés par les pêcheurs. Il s’agit de : Nannocharax occidentalis, Phago loricatus, Sierrathrissa leonensis et Pellonula vorax (Plan de Gestion Kandadji, 2010).

Par exemple, des espèces telles que Heterotis niloticus et Gymnarchus niloticus,

La gamme de ces espèces de poissons compte des spécimens appartenant aux familles des Characidae, des Centropomidae, des Claroteidae et des Bagridae qui sont perturbées dans leur déplacement longitudinal par la modification du lit mineur du cours d’eau liée aux phénomènes d’ensablement et l’irrégularité des débits. Pour les espèces à migrations latérales, il s’agit particulièrement de celles appartenant aux familles des Distichodontidae, des Osteoglossidae, des Hepsetidae, des Citharinidae, des Gymnarchidae et des Clariidae dont le Genre Heterobranchus. Ces espèces sont quant à elles, confrontées à l’envahissement des zones de reproduction et de frayères par les plantes aquatiques envahissantes, aux déficits hydrologiques du cours d’eau qui se manifestent par le faible marnage des eaux de crue dans les plaines inondables fortement anthropisées et la réduction du temps de rétention hydraulique des eaux au niveau des plaines d’inondation (Plan de Gestion Kandadji, 2010).

A l’exception de Lates niloticus qui est très exigeant en concentration en oxygène et en nourriture dans les milieux d’élevage contrôlés, toutes les espèces des familles précitées ont l’avantage d’être élevées en milieu contrôlé et/ou semi contrôlé pour les besoins de repeuplement des zones potentielles telles que les pêcheries localisées à l’intérieur des AHA et les mares à fortes productivités piscicoles. De part la nature de leurs régimes alimentaires, ces espèces contribuent également à la destruction des hôtes intermédiaires des maladies liées à l’eau et à la régulation des biomasses végétales dans leurs habitats (Plan de Gestion Kandadji, 2010).

Listes des espèces de poissons recensées de la RNNK (Plan de Gestion Kandadji, 2010) :

Arius gigas

Nannocharax occidentalis

Phago loricatus

Sierrathrissa leonensis

Pellonula vorax

Heterotis niloticus

Gymnarchus niloticus

Lates niloticus

Liste des espèces de poissons inventoriées dans le fleuve Niger (Garba, 2018)

I. PROTOPTERIDAE

 

1. Protopterus    annectens

II. POLYPTERIDAE

 

2. Polypterus   senegalus

 

3. P. endlicheri

 

III. OSTEOGLOSSIDAE

 

4. Heterotis niloticus

 

IV.NOTOPTERIDAE

 

5. Xenomystus nigri

 

V.CLUPEIDAE

 

6. Pellonula miri

 

7.Sierrathrissa leonnensis

 

VI. MORMYRIDAE

 

8. Hyperopisus bebe occidentalis

9. Mormyrus rume

 

10. M. macrophthalmus

 

11. Momyrops deliciosus

 

12. M. Oudoti

 

13. Petrocephalus bane ansorgii

14. P. bovei

 

 

15. P. simus

 

 

16. Marcusennius cyprinoides

17. M. abadii

 

18. M. senegalensis

 

19. Campylomormyrus tamandua

20. Hippopotamyrus pictus

21. H. psittacus

 

22. H. harringtoni

 

23. Pollimyrus isidori

 

24. P. Lhuysi

 

 

25. Brienomyrus niger

 

VII. GYMNARCHIDAE

 

26. Gymnarchus nitloticus

 

VIII. CHARACIDAE

 

27. Hydrocynus brevis

 

28. H. forskhali

 

29. H. vittatus

 

30. Alestes dentex

 

31. A. baremoze

 

32. Brycinus macrolepidotus

33. B. nurse

 

 

34. B. bouboni

 

35. B. leuciscus

 

36. Micralestes acutidens

 

IX. CITHARINIDAE

 

37. Distichodus brevipinnis

38. D. rostratus

 

39. D. engycephalus

 

40. Nannocharax occidentalis

41. Citharinus C. citharus

 

42. C. latus

 

 

X.  ICHTHYOBORIDAE

 

43. Phago ioricatus

 

XI. CYPRINIDAE

 

44. Chelaethiops brevianalis

45. Labeo senegalensis

 

46. L. coubie

 

 

47. L. parvus

 

 

48. Barbus foureaui

 

49. B. ablabes

 

50. B. macrops

 

51. B. donaldsonsmithi

 

52. B. baudoni

 

53. Leptocypris niloticusdua

54. Raiamas senegalensis

XII.CLARIIDAE

 

55. Clarias gariepinus

 

56. C. anguillaris

 

57. Heterobranchus brevianalis

58. H. Iongifilis

 

XIII SCHILBEINDAE

 

59. Schilbe mystus

 

60. Schilbe niloticus

 

61. Siluranodon niloticus

 

62. Parailia pellucida

 

XIII. BAGREIDAE

 

63. Bagrus bayad

 

64. B. docmak

 

65. Chrysichthys auratus iongifilis

66. C. nigrodigitatus

 

67. Clarotes Laticeps

 

68. C. macrocephalus

 

69. Auchenoglanis biscutatis

70. A. Occidentalis

 

XIV. MOCHOCIDAE

 

71.Hemisynodontis membanaceus

72. Brachysynodontis batensoda

73. Synodontis clarias

 

74. S. sorex

 

 

75. S. eupterus

 

76. S. Filanmentosus

 

77. S. violaceus

 

78. S. nigrita

 

 

79. S. ocellifer

 

80. S. schall

 

 

81. S. courtetips brevianlis

 

82. S. gobroni

 

83. S. gambiensis

 

84. S. budgetti

 

XV. MALAPTERURIDAE

 

85. Malapterurus electricus

XVI. CYPRINODONTIDAE

 

86. Aphyosemion sp

 

87. Aplochelichthys sp

 

XVII. CICHLIDAE

 

88. Hemichromis fasciatus

 

89. H bimaculatus

 

90. Chromidotilapia guntheri

91. Sarotherodon galilaeus

92. Oreochromis niloticus

 

93. O. aureus

 

94. Tilapia zillii

 

XVIII.CENTROPOMIDAE

 

95. Lates niloticus

 

XIX. ANABANTIDAE

 

96. Ctenopoma petherici

 

XX. CHANNIDAE

 

97. Parachanna obscura

 

XXI.TETRADONTIDAE

 

98. Tetraodon lineatus

 

2.8.2.4.4. Reptiles et Amphibiens

Avec plus de 80% des 550 km de Fleuve Niger et de ses affluent, la région de Tillabéry regorge d’importantes ressources fauniques notamment les reptiles et les amphibiens. On peut entre autre citer, les crocodilidae, la seule espèce de crocodile du Nil (Sachus niloticus),  pour les varanidae, la zone dispose de deux espèces, le varan du Nil (Varanus niloticus), et le varan terrestre (varanus senegalus), quant aux tortues, il existe les tortues terrestre et les tortues aquatiques. Pour ce qui des tortues terrestre la zone dispose de huit (8) genres de Tortues dont trois (3) pélomédusidés, trois (3) testudinidés et deux (2) trionychidés ; Pelusios castaneus, Centrochelys sulcata, Cyclanorbis senegalensis.

 Quelques espèces de Lézards dont les gekkonidés, les agamidés, les caméléonidés, les lacertidés, les scincidés et les varanidés.

          - Tarentola ephippiata ;

          - Agama sankaranica ;

          - Chamaeleo africanus ;

          - Latastia longicauda ;

          - Chalcides thierryi ;

          - Varanus niloticus ;

          - Hemidactylus angulatus ;

          - Ptyodactylus ragazzi ;

          - Hemitheconyx caudicinctus ;

          - Lygosoma sundevalli ;

          - Trachylepis sp.

          - Deux (2) Amphisbènes dont Cynisca leucura ;

          - Quarante-six (46) Serpents.

Des serpents sont aussi présents dans la zone. On peut noter les familles suivantes : les Typhlopidés, les Leptotyphlopidés, les Boïdés ; les Pythonidés, les Colubridés, les Atractaspididés, les Elapidés et les Vipéridés dont les plus remarquables sont le python de Sebha (Python sebae), la Vipère hurlante (Bitis arietans), le Naja (Naja sp).

Tableau 33 Liste des serpents de la Région de la RNNK


Noms Latin des espèces de serpents

Rhinotyphlops punctatus

Leptotyphlops bicolor

Gongylophis muelleri

Python sebae

Rhamphiophis oxyrhynchus

Dromophis praeornatus

Atractaspis watsoni

Naja nigricollis

Naja sp.

Bitis arietans

Python regius

Naja aff. melanoleuca

Hemiragherris nototaenia

Source : Rapport Revue littéraire dans la RPFD

2.8.2.6. Statut des espèces Fauniques

Cette richesse de la RNNK que constituent les ressources fauniques, est toutefois menacée par la pauvreté et les besoins alimentaires grandissants des populations, qui l’obligent à surexploiter les ressources naturelles disponibles (WWF, 2010).

En effet plusieurs facteurs  sont à l’origine de la dégradation de la faune dans la zone concernée par cette étude, parmi lesquelles on note : la persistance du braconnage, le trafic et le commerce internationale de certaines espèces protégées, le manque de moyens de contrôle de la chasse par les autorités et la difficulté de faire respecté les lois sur la protection de la faune et la flore en vigueur dans le pays.

Les conséquences sont désastreuses dans l’AP ; on note désormais la disparition de plusieurs espèces qui jadis peuplaient ces zones, il s’agit de  l’autruche à cou rouge  (Struthio camelus camelus) ; le sitatunga, la girafe (Girafa camelo padalis) etc.

En effet, les effectifs de la faune sauvage, ont notoirement diminué au cours des trente dernières années et plusieurs espèces sont actuellement menacées d’extinction au niveau national comme le crocodile du Nil (Crocodylus niloticus), l’hippopotame (Hippopotamus amphibus), la loutre à cou tacheté (Lutra maculicollis)  ou à joue blanche Aonyx capensis , mais également au niveau international comme le lamantin Trichechus senegalensis et la grue couronnée Balearica pavonina (WWF, 2010).

Cependant, l’essentiel de cette population résiduelle de la faune des écosystèmes des zones humides est actuellement confinée dans certaines portions du fleuve Niger et en particulier dans la région de Tillabéri (WWF, 2010) que représente aujourd’hui, la Réserve Naturelle nationale de Kandadji.

L’existence du lamantin dans la RNNK est importante pour sa signification culturelle, cultuelle, alimentaire, et de la biodiversité. Mais il est répertorié comme espèces "Vulnérable" dans la Liste rouge de l'UICN des animaux menacés, et paraît sur l'Annexe II de la Convention sur le Commerce international des Espèces menacées de la Flore et de la Faune sauvage (CITES). Au Niger la loi 98-07 du 29 avril 1998 fixant le régime de la chasse et la protection de la faune classe le lamantin sur la liste I des espèces intégralement protégées. Par ailleurs, malgré toute cette valeur et cette protection le lamantin est menacé sur toute son aire de répartition. L'utilisation traditionnelle du lamantin inclut le piégeage pour l'alimentation et pour des raisons médicinales (WWF, 2010).

La mise en évidence de l’existence de trois (3) métapopulations d’hippopotame entre Niamey et Ayorou. L’IUCN classe ces populations d’hippopotames parmi les espèces menacées d’extinctions dans le monde. Aussi, la loi 98-07 du 29 avril 1998 classe l’hippopotame dans la liste 1 des espèces animales intégralement protégées (WWF, 2010). En outre, l’hippopotame fait partie de la liste III de cette même loi qui stipule que les espèces animales sont soumises à une réglementation dans les limites de la compétence du Niger, quand la coopération avec d’autres pays est nécessaire pour en empêcher ou restreindre l’exploitation (WWF, 2010). Parmi les menaces qui pèsent sur cette espèce, figure celle qui l’oppose à l’homme pour l’accès à la ressource végétale, celles liés aux activités agricoles, la chasse, les prélèvements des jeunes, le dérangement des sites de reproduction et l’anthropisation (WWF, 2010).

La situation du crocodile du Nil dans la zone d’Ayorou est inquiétante, il est rarement observé et les informations sur cette espèce selon les communautés riveraines sont alarmantes. Le crocodile était très fréquent dans la vallée du fleuve Niger lorsque les conditions de nourriture et d’abri étaient favorables. Aujourd’hui son aire de répartition a été morcelée à tel point que son existence est hypothétique sur des sites où les enfants ramassaient les œufs et les braconniers traquaient les adultes pour leur viande et leurs peaux.  Bien que son statut de conservation selon l’IUCN soit de préoccupation mineure, la loi 98/07 du 29 avril 1998 lui confère une protection intégrale (WWF, 2010).

La loutre à joue blanche : très peu d’informations sont aujourd’hui disponibles sur cette espèce, cependant la communauté des pêcheurs reconnait une baisse d’observation de cette espèce qui menaçait jadis leur prise(WWF, 2010).

Malgré la richesse de l’avifaune, sa population est en déclin en dépit de la présence des zones humides d’importance internationale de la Convention de Ramsar telle que le Complexe Kokorou Namga, qui abrite plusieurs espèces d’oiseaux migrateurs du paléarctique occidental, des migrateurs afro tropicaux et résidents. Notons aussi l’existence des dernières populations de la grue couronnée qui est menacée sur toute son aire de répartition (WWF, 2010).

Le domaine de la pêche et de la pisciculture a été fortement influencé par la récurrence des sécheresses répétitives ayant engendrées la diminution de la résilience écologique des pêcheries et le dysfonctionnement des exploitations aquacoles (WWF, 2010). A ce facteur, il y a lieu d’ajouter les effets des programmes sectoriels de mise en valeur agricoles des cuvettes de la vallée du fleuve Niger pour la lutte contre l’insuffisance alimentaire. En effet, le début des années 70 avait coïncidé avec l’avènement des projets sectoriels de construction des Aménagements Hydro Agricoles (AHA) (WWF, 2010). Ces périmètres destinés à la production du riz irrigué, ont été réalisés en grande partie dans les cuvettes de la vallée du fleuve qui sont les principales zones de frayères et de reproduction des poissons (WWF, 2010).

Dans l'ensemble de son aire de répartition, le Varan du Nil est l'objet de captures opportunistes par l'Homme à des fins alimentaires (Plan de Gestion Kandadji, 2010). Cependant, cette exploitation traditionnelle se double d'une exploitation à but commercial dans quatre pays de la zone sahélienne qui exportent les peaux de cette espèce par dizaines de milliers vers les tanneurs des pays développés (Plan de Gestion Kandadji, 2010).

Selon les résultats d'études récentes, le Varan du Nil pourrait présenter certains mécanismes d'accommodation démographique lui permettant de résister à l'exploitation qui en est faite (Plan de Gestion Kandadji, 2010).

La grue couronnée selon le statut de conservation de l’UICN, est classée en NT (Quasi menacée). Selon la loi nigérienne, l’espèce figure sur la liste I des espèces intégralement protégée par la  Loi N° 98-07 du 29 avril 1998  fixant le Régime de la Chasse et de la Protection de la Faune (Plan de Gestion Kandadji, 2010).


Tableau 34 Différents cas de mortalités des hippopotames survenus à partir de 2009 (Plan de Gestion Kandadji, 2010)

 

DATE

 

LIEU

 

SEXE

 

NATURE DE LA MORT

 

CAUSES

05/04/09

Wabon (commune de Sinder)

Femelle

Abattage autorisé

Plusieurs attaques des passagers en pirogues, renversement d’une pirogue et blessures graves par morsures d’un passager.

09/04/09

Koutougou (Commune d’Ayarou)

Femelle

Abattage autorisé

Usage coutumier : cérémonies rituelles des Sorkos suite au décès de Damouré Zika

18/05/09

Baramé (Commune d’Ayarou)

Femelle

Faim

Indigestion due à l’ingestion d’une importante quantité de sable et argile lors du pâturage des souches d’herbes.

22/05/09

Baramé (Commune d’Ayorou)

Femelle

Faim

Grosse quantité d’argile et du sable trouvée dans l’estomac du Pachyderme.

26/05/09

Tamouless (Commune d’Ayorou)

Mâle

Combat avec un autre male

Blessures lors d’un Combat avec un Hippopotame male plus grand.

02/06/09

Soulé Goundia (Commune d’Ayorou

Mâle

Faim

Indigestion due à l’ingestion d’une importante quantité de sable et argile lors du pâturage des souches d’herbes.

07/06/09

Baramé (Commune d’Ayarou)

Femelle

Faim

Indigestion due à l’ingestion d’une importante quantité de sable et argile lors du pâturage des souches d’herbes.

19/07/09

Sinder

Mâle

Accidentelle

Il s’agit d’un bébé de moins de 2 mois trouvé mort dans un engin de pêche (Nasse).

26/07/09

Karma

Mâle

Abattage autorisé

Sujet qui a attaqué, renversé et tué l’un des occupants  d’une pirogue et blessant un deuxième.

28/09/09

Wabon (Commune de Sinder)

Femelle

Abattage autorisé

Sujet qui a renversé une pirogue et causant le décès de 2 chefs de famille.

18/01/10

Sinder

Femelle

Naturelle

Jeune sujet de quelque mois. Retrouver mort par les populations riveraines, d’une maladie que l’on ignore.  

19/02/10

Doulsou (commune d’Ayarou)

Femelle

Abattage autorisé

Hippopotame belliqueux causant le décès d’une femme et de son enfant qu’elle portait sur le dos. 

10/04/10

Attafarmé (Commune de Gotey)

Mâle

Abattage autorisé

Animal qui a causé la tuerie d’un chef de famille.  

29/04/10

Boubon (Commune de Karma)

Femelle suitée

Abattage autorisé

Sujet ayant causé le décès d’une personne. Apres l’abattage de la maman le petit fut transporté au Musée Boubou Hama de Niamey.

10/07/10

Koukouba (Ayorou)

Mâle

Combat avec un autre male 

Mort par hémorragie interne suite a un combat avec un autre male.

 


Tableau 35 certains dégâts enregistrés par la DRE de Tillabéry de 2009 à 2012 (Abagana, 2012)

Dâtes

Lieu de l’incident

Nature des dégâts

Constats sur les dégâts

Individus incriminés

02/01/08

Koutougou (Ayorou)

 

Perturbation des activités du fleuve dans la zone ayant conduit au déplacement du débarcadère

-1 pirogue détruite ;

-Poursuite et charges d’intimidation sur les passages en pirogues.

2 femelles et 1 male

08/01/08

Ayorou goungou

Dégâts sur les cultures du jardin d’Ali Younoussou

Pour la seconde fois l’hippopotame a dévasté toutes les cultures du jardin.

 

18/02/08

Wabon

Menaces sur les populations et le cheptel.

- 2 pirogues détruites,

-15 bovins tués dont 3 sur le coup et 12 par noyade (suite à la panique).

Male

 

24/05/09

Fissilmé (Beibatan)

Menace sur le cheptel

-8 vaches tuées et plusieurs blessés.

-Charges d’intimidation  sur les passagés dans les pirogues

Male

16/01/10

Doulssou

Menaces sur les populations

- 1 pirogue cassée

-Disparition de plusieurs biens (vivres, vêtements, argent)

Femelle

25/01/09

Yassane (Ayorou)

Menaces sur les populations

-1 pirogue cassée

-Disparition de plusieurs biens (vivres, vêtements, argent)

-

08/02/10

Farey

Menaces sur les populations

-1 pirogue cassée

-Disparition de plusieurs biens (vivres, vêtements, argent)

-

21/02/10

Yassane (Ayorou)

Menaces sur les populations

- Trois(3) pirogues cassées ;

-Disparition de plusieurs biens (vivres, vêtements, argent)

-

31/08/11

Yassane

 (Ayorou)

Menaces sur les populations

L’animal a perturbe toutes activités sur le fleuve dans la zone pendant trois mois

Male

10/11/12

Néyni

Menaces sur les populations et le cheptel

-1 bovin tué ;

-Perturbation de la navigation

-

13/11/12

Garie

Menaces sur les populations et le cheptel

-1 bovin tué ;

-Perturbation de la navigation

-

Source : DRE Tillabéri

NB : Il a été énuméré dans ce tableau, que des cas connus et ayant fait d’objet d’un rapport écrit transmis à la Direction Régionale de L’Environnement de Tillabéri (Abagana, 2012).

 


2.8.3. Autres Ressources Naturelles

2.8.3.1. Ressources Hydriques

2.8.3.1.1. Mares

La RNNK dispose de beaucoup de potentialités hydriques en dépit de son climat et de la nature de son sol. On distingue plusieurs mares permanentes, semi-permanentes et temporaires. Ces écosystèmes sont constituées de milieux particuliers constitués de mares endoréiques dont les principales sont : les mares de Gueygorou, Ingui, Tégueye, le complexe Kokorou - Namga, Youmban.

Les mares de Kokorou et de Namga sont peu profondes (moins de 6 mètres) à cause des dépôts alluviaux (Convention Ramsar, 2018). Kokorou est permanente, mais quant à la mare de Namga ; elle devient semi-permanente en année de mauvaise pluviométrie (Convention Ramsar, 2018).

2.8.3.1.2. Fleuve

Le Fleuve Niger traverse de long en large, la Réserve Naturelle Nationale de Kandadji  du nord au sud.

2.8.3.1.3. Rivières

La zone de la RNNK est arrosée par deux (2) principales rivières bras du fleuve Niger. Il s’agit de la Rivière Dargol, de la Rivière Goroual et la Sirba.

2.8.3.2. Ressources Archéologiques

Dans le cadre des études d’impact liées à la construction du barrage, une campagne de reconnaissance des sites archéologiques, historiques et culturels a été entreprise en 2005. 28 sites archéologiques importants ont été matérialisés pour effectuer des fouilles de sauvetage. Ces sites sont pour l’essentiel :

          - Gabou, Firgoun, Iladen, Yassan, Koutougou, Ebaan Kongohiro Hondo, Santié Bon, Kunzam, Beibatane, Kassey Me.

- Wezebangou, Koyguro-Ciré, Wasal-Koyguru, Wasal Gooru Banda ou Wasal-Gourma, Alkondji, Kolmane, Gaya, Takorozaat, Tishilitt, Mehinka, El’ Mahmud Koyre, Panparan Bossey.

En somme, la zone possède, entre autres :

- les Cimetières des explorateurs dans l’île (au nord de l’ancien emplacement du village) ;

- le site sacré de Koutougou ;

- Le rochet de Yassane : guet des conquérants Touaregs sur la zone du fleuve ;

- la Colline d’Ourouba ;

- le site pittoresque d’ensablement du Fleuve Niger ;

2.8.3.3. Ressources Pastorales

La complémentarité cheptel domestique et faune sauvage fait partie des interactions existantes au niveau des biocénoses. En effet, le fait que la faune ait disparu dans certaines zones a pu générer un appauvrissement dans la qualité des pâturages. La dissémination de certaines espèces végétales pouvant être dues aux fèces des ongulés sauvages ou de l’avifaune, certaines espèces végétales peuvent par conséquent être amenées à diminuer voire disparaître des régimes alimentaires des cheptels domestiques pouvant être synonyme dans certains cas de carences alimentaires donc de maladies.

Cependant, la zone de la RNNK est un milieu aux potentialités pastorales importantes en dépit des ressources hydriques (mares, rivières et fleuve) et les ressources végétales qu’elle recèle.

2.8.3.4. Beauté du Paysages

Grâce à la disponibilité d’importantes ressources naturelles telles que les différents écosystèmes, comme la végétation des bourgoutières ; la végétation des mares du Liptako ; la végétation des mares du lit majeur du fleuve ; la végétation de terre ferme des îles ou les galeries forestières ; la végétation semi-aquatique des berges du fleuve, la diversité biologique faunique, et les principaux points d’eau dont les trois rivières et le fleuve Niger offre un panorama d’une beauté exceptionnelle à la zone.

2.8.3.5. Sites Touristiques

Compte tenu de la configuration et de l’importance culturelle de la zone, le tourisme s’y développe petit à petit notamment dans l’environnement immédiat des îles autour d’Ayorou. Il existe dans cette localité un hôtel de standing moyen avec une capacité d’accueil acceptable même si en général les touristes qui s’y rendent, faisant plutôt du tourisme culturel, préfèrent loger chez les habitants. Les statistiques ne sont pas très affinées, faute du respect des dispositions légales établies par le ministère en charge du tourisme.

Il faut souligner que les travaux du cinéaste ethnologue français Jean-Rouch ont rendu célèbre cette région à travers les films et autres enregistrements ethnographiques faits autour de la magie songhay, de la chasse à l’hippopotame, la chasse aux lions, les rituels sorko, etc…

Koutougou : Il existe des lieux sacralisés notamment, le Gourmé Issa (rive droite) composé de trois ficus sacrés appelé Jéjéï. C’est à cet emplacement qu’a eu lieu le rituel de l’hippopotame, le Tarbassou, en mémoire de feu Damouré ZIKA, grand maître de l’eau Sorko et compagnon de film de Jean ROUCH. Il existe aussi un marigot sacré Latiama ainsi que l’île de Bangoun sur laquelle les Sorkos pratiquent des rituels.

En somme, la zone possède, entre autres d’importants sites touristique (Plan de Gestion Kandadji, 2010) :

- les Cimetières des explorateurs dans l’île (au nord de l’ancien emplacement du village) ;

- le site sacré de Koutougou(rive gauche) ;

- le Mausolée de Jean Rouch ;

- Le rochet de Yassane : guet des conquérants Touaregs sur la zone du fleuve ;

- l’organisation de la fête annuelle des pêcheurs ;

- le campement des pêcheurs « Kabaoua » qui migrent annuellement vers le Nigéria ;

- la Colline d’Ourouba ;

- le site pittoresque d’ensablement du Fleuve Niger ;

- les pêcheries de la zone du bac Farié et de Namaro ;

- de nombreuses zones de prédilection d’oiseaux migrateurs, des lamantins, crocodiles, loutres, hippopotames, etc.

2.8.4. Etat de Conservation de l’Aire Protégée

La RNNK en collaboration avec les populations riveraines, sera entièrement consacrés à la conservation de la vie sauvage et des habitats naturels de la zone d’influence du barrage de Kandadji.

L’accent sera particulièrement mis sur la préservation de la biodiversité  y compris les espèces migratrices et la sauvegarde des espèces intégralement protégées (hippopotames, lamantins, loutres, etc.), le développement des activités éco-touristiques et la prise en compte des questions liées à la gestion des conflits entre les hommes et les hippopotames. Signalons que ces conflits sont récents et les peuples Sorko, le bétail et les espèces sauvages ont coexisté pendant des siècles dans les zones du fleuve et le paysage y a été façonné par les animaux sauvages qui y prospèrent harmonieusement. Ces zones étaient censées offrir un modèle de gestion conjointe et harmonieuse permettant de concilier développement et conservation.

2.8.5. Statuts de l’Aire Protégée

2.8.5.1. Statuts Juridiques de la RNNTT

La Réserve Naturelle Nationale de Kandadji (RNNK) a été créée par décret N°2017-629/PRN/ME/DD du 20 juillet 2017 portant classement de la Réserve Naturelle Nationale de Kandadji (RNNK) pour la zone couvrant les parties des territoires des communes de Anzourou, Gothèye, Bibiyergou, Inates, Téra, Ayorou, Dessa, Mehana, Bankilaré, Gorouol, Dargol, Kourtey, Tillabéri, Sinder, Sakoira et Kokorou (République de Niger, 2017).

Son périmètre s’étend sur cinq cent vingt (520) kilomètres et couvrant une superficie de : un million deux cent sept mille (1 207 000) hectares ou mille deux cent sept kilomètres carrés (1 207 km²) (République de Niger, 2017).

la Réserve Naturelle Nationale de Kandadji est érigée en Aire Protégée relevant du domaine public de l’Etat. Elle correspondant à une Aire Protégée de catégorie VI selon la classification de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) comme une réserve gérée principalement à des fins d'utilisation durable des écosystèmes naturels (République de Niger, 2017).

Elle est subdivisée en zones spécifiques relevant des régimes de protection différents compte tenu des objectifs d'aménagement, des contraintes découlant de l'état des lieux et des suggestions justifiées par les besoins des populations qui y sont installées (République de Niger, 2017).

Ainsi, le noyau central couvre 121 857 ha soit 10,18 % de la superficie totale, la zone tampon couvre 172 704 ha soit 14,43 %  et la zone de transition couvre 892 051 ha, soit 74,54 % (République de Niger, 2017).

Selon l’article Article 4  du décret N°2017-629/PRN/ME/DD du 20 juillet 2017 portant classement de la Réserve Naturelle Nationale de Kandadji (RNNK), l’objectif de classement de la réserve est la conservation de la biodiversité y compris les espèces migratrices, la sauvegarde des espèces intégralement protégées (hippopotames, lamantins, loutres, etc.), la promotion des services écosystémiques, le développement des activités écotouristiques, la recherche scientifique et la prise en compte des questions liées à l’atténuation des conflits Hommes - Hippopotames.

Selon l’article 15 de ce décret, il est formellement interdit dans la Réserve Naturelle Nationale de Kandadji de :

- détruire, enlever des œufs ou des nids, mutiler, capturer des espèces d'animaux protégées par les dispositions de la Loi n° 98-007 du 29 avril 1998 fixant le régime de la chasse et de la protection de la Faune, qu'ils soient vivants ou morts ;

- introduire les espèces animales ou végétales, exotiques ou locales, sauvages ou domestiquées ;

- détruire la flore aquatique notamment le bourgou ;

- couper, écorcer, mutiler, arracher, cueillir, élaguer, déraciner ou enlever les végétaux des espèces protégées, arbres ou arbustes, ou les fructifier, les transporter, les colporter, les utiliser, les mettre en vente, ou les acheter;

- exécuter des travaux publics et privés de toute nature, y compris l'installation de réseaux d'électrification ou de télécommunication ;

- extraire des matériaux concessibles ou non ;

- réaliser des travaux tendant à modifier l'aspect du terrain, du paysage ou de la végétation ;

- utiliser une quelconque substance susceptible d'empoisonner la faune sauvage, telle que la strychnine ou autre poison ;

- utiliser tout pesticide, insecticide ou fertilisant nuisible à la faune ou à la qualité des eaux et des sols.

- la Loi Cadre relative à la gestion de l’environnement (La loi N° 98-56 du 29 décembre 1998) ;

- l’ordonnance n°92-30 du 08 juillet 1992, portant « principes directeurs d’une politique de développement rural pour le Niger » 

-  l’ordonnance n°93-015 du 02 mars 1993, portant principes d’orientation du code rural. Cette dernière pose les bases d’une véritable législation en matière de foncier rural et de gestion des ressources naturelles. Elle intervient non seulement pour « fixer le cadre juridique des activités agricoles, sylvicoles et pastorales dans la perspective de l’aménagement du territoire, de la protection de l’environnement et de la promotion humaine », mais également pour « assurer la sécurité des opérateurs ruraux par la reconnaissance de leurs droits et favoriser le développement par une organisation rationnelle du monde rural » à travers notamment plusieurs textes sectoriels.

Ce dispositif juridique national comprend en outre des règles plus sectorielles ; celles  en cours en ce qui concerne la Réserve Partielle de Faune de Dosso sont (Amadou & al., 2010) :

- la loi n°2001-032 du 31 décembre 2001 portant orientation de la politique d’aménagement du territoire ;

- la loi 2004-40 du 8 juin 2004 portant régime forestier au Niger et son décret d’application ;

- la loi n° 98-07 du 29 avril 1998 fixant le régime de la chasse et de la protection de la faune et son décret d’application (décret n° 98-295/PRN/MHE du 29 octobre 1998) ;

- la loi n° 98-042 du 07 décembre 1998 portant régime de la pêche ; 

- l’ordonnance n° 92-037 du 21 août 1992 portant organisation et commercialisation du transport de bois dans les grandes agglomérations ; 

- l’ordonnance n° 93-014 du 02 mars 1993 portant régime de l’eau modifiée par la loi n°98-041 du 07 décembre 1998 et complétée par le décret n°97-368/PRN/MH/E du 02 octobre 1997 déterminant les modalités d’application de l’ordonnance 93-014 ;

- Décret n°97-007/PRN/MAG/EL du 10 janvier 1997 fixant le statut des terroirs d’attache des pasteurs ;

– décret n°-006/PRN/MAG/E du 10 janvier 1997 portant réglementation de la mise en valeur des ressources naturelles rurales.

En matière de coopération sous régionale, les textes qui semblent les plus connus et d’application sont :

- la Décision A/Dec.5/10/98 relative à la réglementation de la transhumance entre les Etats membres de la CEDEAO du 31 octobre 1998 ;

- l’Accord bilatéral sur la transhumance entre le Burkina Faso et le Niger et l’Accord tripartite entre le Bénin, le Burkina Faso et le Niger relatif à la lutte contre le braconnage.

Concernant le niveau international, les instruments juridiques se caractérisent particulièrement autant par leur multiplicité que par leur diversité tant les domaines de compétences sont étendus. Il s’agit de conventions régionales (africaine, Organisations communes) ou internationales. Pour ces dernières, plus explicitement, il s’agit de (Amadou & al., 2010) :

- la convention relative aux zones humides d’importance internationale particulièrement comme habitats des oiseaux d’eau, dite convention RAMSAR du 11 février 1971 ;

- la convention concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel, dite convention de l’UNESCO, signée le 16 novembre 1972 ;

- la convention sur le commerce international des espèces de faune et de la flore sauvage menacées d’extinction, convention de Washington, CITES, signée et ratifié le 8 septembre 1975 ;

- la convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage dite Convention de Bonn, signée le 23 juin 1979 ;

- la convention sur l’aménagement, les procédures de constatations des délits et de répression des infractions dans les parcs nationaux en zone transfrontalière, signée dans le cadre du Conseil de l’entente le 7 septembre 1980. A ces conventions, s’ajoutent celles de l’après Rio (Amadou & al., 2010) :

- la convention sur la biodiversité, signée et ratifiée le 25 juillet 1995 ;

- la convention internationale sur la lutte contre la désertification dans les pays gravement touchés par la sécheresse et/ou par la désertification particulièrement en Afrique (CCD), signée et ratifiée le 19 juillet 1995 et ;

- la convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique, signée et ratifiée le 25 juillet 1995.

Ces conventions, signées et ratifiées par le pays, offrent des mécanismes institutionnels à travers des organismes comme l’UNESCO,  le fonds pour l’environnement mondial (FEM),  le FED, le PNUE, le PNUD, la BM, la BAD, …) (Amadou & al., 2010).

L’organe d’orientation politique en matière d’environnement est le Conseil National de l’Environnement pour un Développement Durable (CNEDD). Créé par Décret n° 2000-272/PRN/PM du 4 août 2000, le CNEDD regroupe l’ensemble des administrations nationales intervenant en matière d’environnement. Le CNEDD est représenté par des cellules régionales et sous-régionales exerçant au niveau décentralisé les mêmes attributions (Amadou & al., 2010).

2.8.5.2. Labels

La zone de la Réserve Naturelle Nationale de Kandadji comporte le Complexe Kokorou Namga qui un site classé comme une Zone Humide d’Imortance Internationale.

En effet, Le Complexe Kokorou Namga est situé dans le Département de Téra (66.829 ha, 00°55’ 33’’de longitude Est et 14°12’30’’ latitude Nord) (Convention Ramsar, 2018). C’est un complexe de quatre mares dont Kokorou et Namga (permanentes) et Zoribi (semi-permanente) et Tida situées dans le lit d’un affluant fossile du fleuve Niger sur sa rive droite (Convention Ramsar, 2018). Ces mares sont séparées par des cordons dunaires. Le complexe Kokorou-Namga se trouve dans une zone agro-écologique ayant des enclaves pastorales tout autour (Convention Ramsar, 2018). La diversité floristique et la densité de la végétation (herbacée et ligneuse) ont permis la mise en place d’une diversité d’habitats naturels pour les oiseaux d’eau (sédentaires et migrateurs) qui s’y rencontrent par milliers (Convention Ramsar, 2018). Ce complexe abrite plusieurs espèces d’oiseaux menacés comme la Grue couronnée (Balearica pavonina), la Poule d’eau (Gallinula chloropus) et la Poule sultane (Porphyrio porphyrio) (Convention Ramsar, 2018).

Aussi, la RNNK fait partie de la Zone Internationale pour la Conservation des Oiseaux (ZICO) grâce à ses importantes mares, rivières et fleuve.

2.8.6. Importance Socioéconomique de l’Aire Protégée

L’agriculture, l’élevage et la pêche constituent les principales activités productives et économiques des populations. On y rencontre aussi des activités secondaires comme l’artisanat et le commerce (Plan de Gestion Kandadji, 2010).

2.8.6.1. Agriculture

Les résultats de l’étude de faisabilité du barrage de Kandadji ont mis en évidence l’existence de 48 AHA de cuvette dont 42 sont réalisés dans le bassin du Niger Supérieur soit  87,50 % de l’ensemble des AHA de cuvette contre six (6) AHA de cuvette  dans le bassin versant du Niger Moyen soit 12,50 % (Plan de Gestion Kandadji, 2010).

Les cultures pluviales sont majoritaires par rapport aux cultures avec complément d’eau (irrigation). Selon les localités, on produit du mil, du riz, du sésame, du niébé, du sorgho et des fruits et légumes divers. Les céréales cultivées sont en culture pure ou associée et en culture de décrue pour les deux derniers. Quelques cultures de rente sont aussi cultivées, comme l’oignon et la patate douce (Plan de Gestion Kandadji, 2010).

Le long du fleuve Niger, on retrouve la culture irriguée du riz que ce soit au niveau des Aménagement Hydro-agricole (AHA) ou tout simplement comme riz flottant (Plan de Gestion Kandadji, 2010).

2.8.6.2. Exploitation piscicole

La pêche constitue une activité importante avec la capture de diverses espèces de poissons où  les productions sont utilisées pour (Plan de Gestion Kandadji, 2010) :

- l’autoconsommation : la majeure partie des produits agricoles et une infime partie des productions piscicoles ;

- la vente : la quasi-totalité des produits de la pêche (au Nigeria et au Mali) et une petite partie des produits agricoles.

Le domaine de la pêche et de la pisciculture a été fortement influencé par la récurrence des sécheresses répétitives ayant engendrées la diminution de la résilience écologique des pêcheries et le dysfonctionnement des exploitations aquacoles. Les périmètres destinés à la production du riz irrigué, ont été réalisés en grande partie dans les cuvettes de la vallée du fleuve qui sont les principales zones de frayères et de reproduction des poissons (Plan de Gestion Kandadji, 2010).

L’importance des superficies endiguées au niveau du bassin versant du fleuve Niger dans la zone, a fortement contribuée à la perte de sa diversité ichtyologique. Malgré la forte productivité piscicole de ces pêcheries, le fonctionnement des clapets qui permettent le recrutement des peuplements piscicoles vers le lit mineur du fleuve et assurent en même temps l’empoissonnement naturel de ce cours d’eau, a peu préoccupé les gestionnaires de ces périmètres (Plan de Gestion Kandadji, 2010).

Les pêcheries de la zone amont du barrage de kandadji sont subdivisées en huit (8) sous-entités qui sont (Plan de Gestion Kandadji, 2010) : Koutougou, Illaden, Koygouro, Firgoun, Doulsou, Ayorou Goungou,  Ayorou Goungokoirey et Kandadji. La zone aval couvre la sous-entité de Dessa. Chaque sous-entité est sous la responsabilité d’un maître « Do » qui exerce le pouvoir traditionnel et d’un « Sorko » qui est le gestionnaire des ressources halieutiques. Cette organisation sociale se transmet de père en fils chez le « Do » qui est soit un homme, soit une femme.

Par contre, les mutations socio économiques engendrées par la précarité des moyens d’existence des populations, ont profondément bouleversé l’exercice de la pêche. La profession de pêcheur professionnel ou « sorko » n’est donc plus un héritage ancestral immuable à l’heure actuelle, mais plutôt une opportunité parmi d’autres pour améliorer les conditions de vie (WWF, 2010).

Selon les résultats de l’enquête socio économique de l’étude de faisabilité du barrage de kandadji, le nombre d’exploitation de pêche est évalué à 1.737 unités d’effort dans la partie amont de la retenue, soit en moyenne 1,5 à 2 pêcheurs par unité de pêche. Ces résultats ont ensuite été validés par le rapport sectoriel sur la pêche et la pisciculture des Etudes d’Impacts Environnementaux et Socio économiques (EIES) du barrage de kandadji (WWF, 2010)

La pêche est une importante activité génératrice de revenus pour les populations de la zone. Elle se pratique tout le long du fleuve Niger, le long des affluents du Niger comme le Gorouol, et de manière secondaire, dans certaines mares permanentes. Cette activité ne connaît pas un développement important du fait de contraintes qui pèsent sur elles. La pêche est aussi une activité pratiquée sur une base artisanale, même par les ménages qui en tirent la majorité de leurs revenus (Plan de Gestion Kandadji, 2010).

Dans le temps, l’exercice de la pêche est l’autorité du  « maître des eaux », et dans le cas des mares, sous celle du détenteur du foncier. La gestion de la pêche se limitait à fixer les dates d’ouverture et de fermeture de la pêche, et éventuellement à limiter l’usage de certaines pratiques. Moyennant quoi, l’accès à la pêche, au moins dans le cas du fleuve, était libre (Plan de Gestion Kandadji, 2010). Les pêcheurs professionnels sédentaires étaient peu nombreux, et la majorité des pêcheurs étaient des migrants. Pour s’installer quelque temps dans un village d’accueil, il leur suffisait de faire acte d’allégeance aux autorités locales et d’acquitter une taxe généralement symbolique (Plan de Gestion Kandadji, 2010). Ces pêcheurs migrants étaient bienvenus, car la ressource était abondante et la communauté d’accueil bénéficiait alors d’un approvisionnement en poisson frais. Peu après l’indépendance, l’État s’est approprié le droit de pêche et a aboli le droit coutumier en la matière. De nos jours, la fonction de maître des eaux n’est plus que symbolique (Plan de Gestion Kandadji, 2010).

Les acteurs de la pêche fluviale forment un groupe socio-professionnel dont les origines sont variées : autochtones, saisonniers, migrants accueillis au cours du dernier demi-siècle et sédentarisés. On a observé une baisse générale des revenus de la pêche au cours des 30 dernières années ; ce qui a conduit une majorité de pêcheurs à s’intéresser également à l’agriculture (Plan de Gestion Kandadji, 2010).

La pisciculture intensive (en cages) et semi-intensive (en étangs) s’est révélée difficile à implanter au Niger. En revanche, la pisciculture extensive (ou pêche amplifiée) produit des quantités de poissons très significatives, et le potentiel est encore important. Les moyens techniques et financiers permettant de réaliser cette activité sont à la portée des opérateurs de base et les besoins en assistance sont légers. Les actions menées jusqu’à présent pour promouvoir cette forme d’aquaculture ont, dans leur grande majorité, connu un succès d’autant plus appréciable qu’il s’est généralement révélé pérenne (Plan de Gestion Kandadji, 2010).

2.8.6.3. Activités d’élevage

Les populations de la zone de la RNNK s’adonnent à l’élevage de bovins, ovins, caprins, asins et de la volaille (poules, canards) (Plan de Gestion Kandadji, 2010).

Par rapport au système d’élevage, on distingue deux principaux systèmes dominants, chacun comportant en son sein une ou plusieurs variantes. Il s’agit de (Plan de Gestion Kandadji, 2010) :

- système extensif à dominance pastorale où l’éleveur tire de l’élevage 70 % à 100 % des besoins pour sa survie. Ce système d’élevage se rencontre dans la zone pastorale et a deux (2) sous variantes : le sous système transhumant et le sous système nomadisant ;

- système extensif à dominance agropastoral où l’élevage n’apporte qu’une contribution à la satisfaction des besoins de survie, étant donné que les activités agricoles ou autres assurent l’essentiel de ces besoins. Ce système a lui aussi des variantes.

Les contraintes climatiques ne sont pas les seules responsables de la diminution de la production fourragère et donc de la détérioration des conditions alimentaires du cheptel. On peut citer entre autres (Plan de Gestion Kandadji, 2010) :

- l’extension persistante du front agricole, en réponse à la forte croissance démographique que connaît le pays et à la baisse des rendements agricoles, ce qui oblige la mise en valeur de nouvelles terres chaque année pour couvrir les besoins céréaliers sans cesse croissants de la population. Les terres les plus propices à la production fourragère sont en général celles qui sont les plus affectées par ce phénomène ce qui signifie une perte considérable de fourrage disponible pour les animaux d’élevage ;

- la dégradation des espaces pastoraux, engendrée d’une part par les effets des variations climatiques, et d’autre part par la mauvaise gestion des ressources pastorales qui a prévalu durant des années. Les espèces fourragères recherchées par les animaux payent ainsi un lourd tribu au surpâturage avec la disparition de plusieurs espèces végétales. Par ailleurs, le phénomène de colonisation des espaces de pâture par des espèces peu utiles pour les animaux comme Sida cordifolia est un autre processus qui concourre à aggraver davantage les problèmes alimentaires.

Ces facteurs ont entraîné une baisse considérable de productivité des pâturages et les rendements sont de plus en plus faibles, voire très faibles. Sur les douze dernières années, le rendement fourrager moyen tourne autour de 570 kg ms/ha, soit une capacité de charge moyenne de 8,5 ha/an/UBT. Dans plusieurs régions, les charges animales dépassent les capacités de charge des parcours naturels. Conséquemment, les éleveurs observent de plus en plus des mouvements de transhumance hors de leur terroir d’attache, souvent même hors du territoire national. Les facteurs qui limitent la production fourragère sont principalement (Plan de Gestion Kandadji, 2010) :

- l’extension persistante du front agricole en réponse à une forte croissance démographique et à une baisse des rendements agricoles ;

- la dégradation des espaces pastoraux engendrée par une mauvaise gestion des ressources pastorales (ex. : surpâturage) ;

- les pâturages à bourgou progressivement envahis par la jacinthe d’eau ;

- les pâturages en aval du barrage menacés par un phénomène de colonisation des espaces de pâture par des espèces peu utiles aux animaux (ex. Sida cordifolia) ;

- la progression des peuplements à une seule espèce.

A tous ceux-ci, il faut ajouter les contraintes d’abreuvement et d’alimentation des troupeaux ainsi que celles liées à la santé animale (Plan de Gestion Kandadji, 2010).

2.8.7. Mode de gestion de l’Aire Protegée

La RNNK et la Réserve Naturelle Intégrale sont les dernières nées des Aires Protégées au Niger. Par conséquent, depuis leur création il y a presque deux (2) ans, elles ne sont pas jusqu’à présent opérationnelles. Auncune structure ou organe de gestion encore moins les outils de gestion n’ont été mis en place.

Même le PAG qui a été élaboré avant le classement de l’Aire Protégée semble aujourd’hui être désuet.

En revanche, pour le mécanisme du financement durable, le P-KRESMIN et l’état du Niger reste pour le moment les principaux partenaires techniques et financier malgré la présence de certain PTF comme la Banque Mondial qui sont à la base de la création de la réserve.

2.8.8. Potentialités écotouristiques de l’Aire Protégée

En dépit de la présence des sites touristiques dans la Réserve Naturelle Nationale de Kandadji, etant donné que celle-ci n’est pas opérationnelle, en dehors de l’hotel d’Ayérou en état de delabrement total, il n’existe aucune infrastructure touristique d’accueil pour le moment. 

2.8.9. Partenaires Techniques d’Appui

2.8.9.1. institutions etatiques

L’une des principales institutions étatiques partenaires de la RNNK est le Haut Commissariat pour la vallée du Niger (HCVN) qui est la structure étant à la base de la création de la réserve. Le P-KRESMIN en est un autre partenaire de miseen œuvre de la réserve. A ces structures, il faut ajouter, les différents démembrements de l’état dans la région notamment les directions Régionales de l’Environnement, de l’Agriculture, du Plan et de l’aménagement du territoire, de l’Hydraulique, de la culture, du Tourisme, le Gouvernorat de Tillabéry, le Conseil Régional de Tillabéry, les Municipalités des communes de l’ancrage de la réserve, les Préfectures des département de Téra, Tillabéry, d’Ayorou,

Le Conseil National de l’Environnement pour un Dévelovement Durable (CNEDD)

la Chefferie traditionnelle de la région de Tillabéry.

2.8.9.2. Projets ou Programmes de Développement

Quelque projets et programmes de développement interviennent dans la zone de la RNNK. On peut d’ores et déjà citer le P-KRESMIN. A cela, il faut ajouter les projets suivants :

- Programme d’Action Communautaire (PAC III) ;

- PDRE/GDE/ABN ;

- Office National des Aménagement Hydroagricole (ONAHA)

- Autorité du Bassin du Niger (ABN) ;

- Université A. M de Niamey (UAMD);

- Université de Tillabéri ; 

2.8.9.3. ONG ET ASSOCIATIONS

Les principales ONG et associations qui interviennent dans la zone de la RNNK sont les suivantes :

- Association des pêcheurs Sorkos

- l’association des Maitres des eaux

- Représentants agriculteurs plate forme  région

- Association des Guides touristiques

- Association Nigériennes des Jeunes Eleveurs (ANJE) ;

- Association pour la Redynamisation de l’Elevage au Niger (AREN) ;

- Association Rallye Fluvial ;

2.8.10.  acquis, defis et perspectives

Comme acquis en ce qui concerne la RNNK, c’est la création de cette Aire Protégée à travers l’adoption du décret. Les défis de la RNNK sont nombreux au regard de la nouveauté de l’Aire Protégée. Il s’agit de  la revision du PAG de la RNNK, la planification et la mise en œuvre des différentes actions d’aménagement et gestion de l’Aire Protégée, la recherche de financement durable de la RNNK, la labélisation de l’Aire Protégée en Réserve de Biosphère Nationale voire transfrontière avec le Mali et le Burkina Faso.

Comme perspective, on peut retenir la mise en place et de l’opérationnalisation de l’Unité de Gestion de la RNNK, par la nommination du conservateur et des éléments qui seront chargés de la protection et surveillance de l’Aire Protégée, la nomination des des différents chef de section de l’Aire Protégée ; la mise en place du Comité Consultatif (CC) et du Comité Scientifique (CS) de la Réserve Naturelle Nationale de Kandadji conformément au décret de sa création.

Release date 29/04/2019
Contributor sani issaka