préparation de la célébration de la journée internationale de la biodiversité Edition 2018

Organisation d'une journée de sensibilisation sur la valorisation de la biodiversité

HTML Document Caracteristiques de la reserve totale de faune de Tamou

2.6.1. Description de l’Aire Protégée

2.6.1.1. Présentation de la RTFT

La Réserve Totale de Faune de Tamou (RTFT) sert de zone « tampon » au Parc Régional du W du Niger. D’une superficie initiale de 140.740 ha (Mahamane, 2003) selon le décret 62-188/MER du 8 Août 1962, la RTFT couvre aujourd’hui une superficie de 77.740 ha d’après le décret N°76-141/PCMS/MDR du 12 Août 1976 qui a déclassé la partie orientale de la Réserve en ‘’Zone Aïnoma’’.

La  RTFT est située à environs 100 km au Sud Ouest de Niamey dans l’arrondissement de Say et aussi à la limite Nord Ouest du Parc Régional du W du Niger. Elle est comprise entre les latitudes 12°8’ et 12°50’ Nord et les longitudes 2°06’ et 2°24’ Est.

La RTFT est limitée :

- Au Sud par le Burkina Faso ;

- Au Nord par le canton de Guéladjo ;

- A l’Est  par le fleuve Niger ;

- A l’Ouest par le canton de Torodi.

Elle est traversée par le fleuve Niger et deux (2) de ses affluents (le Goroubi et le Diamangou). Elle dispose de dix neufs (19) mares permanentes et semi permanentes.

 

 


 


2.6.1.1.1. Aspects Cartographiques

Figure 46 Position de la Réserve Totale de Faune de Tamou (RTFT) au Parc W et à la RPFD

Figure 47 Carte  de la Réserve Totale de Faune de Tamou (RTFT)


2.6.1.1.2. Historique de la RTFT

La Réserve Totale de Faune de Tamou a été créée en 1962 soit deux (2) années seulement après la grande vague des indépendances en Afrique. La RTFT représente la première génération des Aires Protégées depuis celles créées pendant la colonisation.

L’histoire du Niger, pays sahélien, a été marquée par des perturbations climatiques dont les plus importantes sont les sécheresses de 1972-1973 et 1984 - 1985. Ces sécheresses ont eu des conséquences graves sur des populations dont beaucoup ont perdu leur vie et d’autres ont migré vers les villes et les zones climatiques plus clémentes (Démocratie, 2004).

Face aux effets induits (notamment socio-économiques) de la sécheresse de 1972-1973, qu’intervint en avril 1974, le coup d’état qui mena au pouvoir le Conseil Militaire Suprême (CMS), dirigé par Seyni Kountché (Démocratie, 2004).

Ainsi, pour remédier à la crise qu’il a héritée le CMS avait initié un certain nombre d’actions dont, entre autres, l’opération retour au village et le déclassement en 1976 d’une partie de la RTFT pour l’affecter au besoin des activités agricoles. C’est ainsi que la réserve est devenue de 140 770 ha à 77.740 ha selon le décret N°76-141/PCMS/MDR du 12 Août 1976.

A cette époque, l’objectif principal visé par ce déclassement était donc de caser les populations victimes de la sécheresse et en particulier celles du Zarmaganda (Ouallam, Filingué) qui hésitaient à retourner dans leurs terroirs pour poursuivre leurs activités agricoles traditionnelles (Démocratie, 2004).

Mais après quelques années de production, la majorité de recasés regagnèrent leurs zones d’origine. C’est ainsi qu’au début des années 80, des officiers, hauts fonctionnaires et commerçants de Niamey, proches du pouvoir, ont commencé à manifester leur intérêt pour cette zone. Et en 1984, lors d’une visite au Niger du Président Ahmed Sékou Touré de Guinée, le Président Kountché fit une déclaration dans laquelle il demandait aux fonctionnaires de s’investir davantage dans le travail de la terre (aïnoma, du Hausa qui signifie retour à la terre) afin de contribuer significativement au rehaussement de la production agricole.

Depuis le déclassement d’une partie de la réserve, la partie non déclassé était aussi négligée, et aucun programme de réhabilitation n’est envisagé malgré l’importance et la richesse des ressources naturelles. Il a fallu l’avènement de désignation du Parc National W du Niger en Réserve de Biosphère en 1996 avec une partie de la RTFT en tant que Zone Tampon, pour qu’il ait un regain d’intérêt sur cette réserve.

En 2001, démarrage d’un programme régional parc W « ECOPAS (Ecosystème Protégé en Afrique Sahélo-soudanienne)», qui a entrepris des actions tendant à sauvegarder et conserver le reliquat des ressources de la biodiversité qui restait dans cette réserve.

En 2002, avec la régionalité, les gestionnaires du Parc Régional du W ont élaboré une proposition de désgnation du Parc W en Réserve de Biosphère Transfrontalière aux trois (3) pays (Bénin, Burkina Faso et Niger).

Aujourd’hui, grâce à cette désignation, la Réserve Totale de Faune de Tamou avec la Réserve Partielle de Faune de Dosso (RPFD) font partie de la zone tampon de la Réserve de Biosphère Transfrontalière du W (RBT/W) pour la composante du Niger.

2014, nomination d’un conservateur de la Réserve Totale de Faune de Tamou avec quelques agents forestiers sous ses ordres.

2015, création d’une Unité de Gestion de l’Aire Protégée avec un conservateur à sa tête et au moins cinq (5) agents forestiers et des écogardes pour l’appuyer dans sa tâche de gestion.

2016, opérationalisation de l’unité de gestion avec la nomination d’une quinzaine d’agents forestiers pour la lutte anti braconnage.

2017, envahissement de la RTFT par des orpailleurs suite à la découverte de l’or dans la RTFT et dégerpissement des exploitants.   

2.6.2. Diversité Biologique de la RTFT

Après avoir décrit le milieu physique et la biodiversité du Parc National du W, il n’est pas nécessaire de présenter le milieu naturel de la réserve qui est assez similaire (Convers, 2002). Quelques exceptions près, la biodiversité de la RTFT est la même que celle du Parc W car c’est non seulement la même unité écologique mais aussi, elles sont des Aires Protégées contiguës.

2.6.2.1. Differents types d’écosystèmes de la RTFT

Tamou est situé dans un domaine phytogéographique sahélo-soudanien avec une végétation à dominance ligneuse.

L’état actuel de la végétation est directement relié au climat et à son évolution récente et, aux unités géomorphiques et leurs contextes édaphiques (Moussa, 2012).

Du Nord au Sud, on rencontre successivement les formations végétales suivantes (Moussa, 2012) :

- steppes arbustives sur glacis à pentes faibles ;

- brousses tigrées à combretacées ;

- savanes arborées constituées de reliques ;

- formations forestières denses soudaniennes.                                                                                                

Le tapis herbacé est essentiellement composé de graminées (Moussa, 2012).

Autour des mares et les affluents du fleuve Niger, on remarque une importante végétation aquatique rupicole (Moussa, 2012).

2.6.2.1.1. Steppe Arbustive

Cette formation formation forestière se rencontre dans la partie septentrionale de la réserve. Elle a été modélée grâce aux multiples exploitations dont la Zone fait l’objet consécutif à la forte présence des populations humaines qui se sont installées à la faveur du déclassement de cette zone en 1976. La Steppe arbustive est située sur les plateaux latéritiques et sur les sols de nature sableuse. Elle est composée essentiellement d’arbustes de 4 à 6 mètres de hauteur, disséminés à travers un tapis herbacé assez dense. Le recouvrement aérien varie entre 30 et 50%

2.6.2.1.2. Brousses Tigrées

La brousse tigrée est une structure de végétation constituée d'une succession régulière de bandes d'arbustes ou d'herbacées, séparées par des bandes de sol nu ou de faible couverture herbacée, et s'allongeant parallèlement aux courbes de niveau du terrain (Wikipedia, 2018). On retrouve ce type de biotope dans la RTFT du nord au sud en fonction de la nature des sols.

2.6.2.1.3. Savane Arborée

La Savane arborée se localise parallèlement suivant les cours d’eau saisonniers. Ce biotope se rencontre au fur et à mesure qu’on s’approche du parc W en dépit du changement des conditions climatiques et édaphiques.

2.6.2.1.4. Forêts Galeries

Les forêts galeries sont des formations forestières à feuilles simpervirentes qui se rencontrent le long des cours d’eau importants que renferme la réserve. Il s’agit des rivières Goroubi, Diamangou et Tapoa et le Fleuve Niger 

2.6.2.2. Ressources Végétales

La végétation de la RTFT, lorsqu’elle n’a pas subi de pressions agricoles et pastorales offre les mêmes caractéristiques que celle du parc. Toutefois, la savane arbustive accompagnée de graminées annuelles y est largement dominante(Convers, 2002). Elle est une savane caractérisée par une strate herbacée continue, parsemée d’arbres et d’arbustes assez clairsemés. Cette savane se subdivise en quatre formations.

2.6.2.2.1. Espèces Ligneuses

La RTFT dispose d’importantes espèces ligneuses mais relativement moins diversifiées que le Parc W. Les espèces dominantes sont  (Djibo, 2004):

Acacia ataxcantha

Acacia macrostatchia

Combretum acleatum

Combretum glutinosum

Combretum micranthum

Combretum nigricans

Combretum molle

Crossopteryx febrifuga

Guiera senegalensis

Boscia senegalensis

Piliostigma reticulatum

Mitragynia inermis

Khaya senegalensis

Kigelia africana

Zizyphus mucronata

Minosa pigra

Nauclea latifolia

Piliostigma thoningii

Pterocarpus erinaceus

Tamarindus indica.

2.6.2.2.2. Espèces Herbacees

La RTFT dispose d’espèces herbacées représentées dans une strate herbacée comprenant des espèces pérennes et annuelles dont les plus fréquentes sont (Djibo, 2004) :

Andropogon gayanus

Andropogon pseudapricus

Andropogon fastigiatus

Hyparrhenia involucrata

Loudetia togoensis

Loudetia simplex

Cenchrus bifloris

Microchloa indica

Eragrostis tremula

Schoenefeldia gracilis

Aristida sp,

Hyparrhenia cyanescens

Jardinia congoensis

Sporbolus pyramidalis

Vetiveria nigritania

Cyperus sp, etc..

2.6.2.3. Statut des Espèces Végétales

En dehors de l’impact du changement et de la variabilité climatique qui peuvent affecter les espèces végétales dans la zone, aucune espèce végétale n’est systématiquement menacée. Ces espèces sont surtout tributeurs de la nature du sol et du dégré d’hygrométrie.  

2.6.2.4. Ressources Fauniques

Les différents inventaires réalisés au Parc W du Niger et de sa zone périphérique, ont dénombré plus de 73 espèces de mammifères représentatives des espèces de la grande faune soudanienne et des espèces typiquement sahéliennes, près de 400 espèces d’oiseaux, et plus de 150 espèces de reptiles et amphibiens ont aussi été identifiées dans la zone (Djibo, 2004).

2.6.2.4.1. Mammifères

Les espèces de mammifères les plus représentatives de la zone avec la proximité du Parc Régional du W du Niger sont les suivantes :

Syncerus caffer savanensis

Loxodonta africana

Hippotragus equinus

Sylvicapra grimmia

Ourebia ourebi

Alcelaphus buselaphus

Tragelaphus scriptus

Phacochoerus aethiopicus

Redunca redunca

Kobus cob

Kobus ellipsyprimnus

Erythrocebus patas

Papio anubis

Cercopithecus aethiops

Canis aureus

Panthera leo

Acinonyx jubatus

Gazella rufifrons.

2.6.2.4.2. Oiseaux

Plus de 367 espèces d’oiseaux ont été recensés dans le milieu. L’étude ornithologique se poursuit et d’autres espèces pourraient être identifiées comme séjournant encore dans la zone. L’avifaune du parc  et de ces zones environnantes fait l’objet souvent de recensements. Les différents plans d’eau de la zone constituent d’importants sites de migration des oiseaux paléarctiques. Les représentants des ordres suivants sont recensés (Djibo, 2004) :

les Passériformes

les Ansériformes

les Ciconiiformes

les Charadriiformes

les Coraciadiformes

les Galliformes

les Columbiformes

les Cuculiformes

les Falconiformes

les Gruiformes

les Strigiformes, etc.

2.6.2.4.3. Reptiles

Les reptiles sont représentés par les tortues terrestres (Geochelone sulcata) et aquatiques (Trionyx triunguis, T. pelusios), des lézards (Varanus niloticus, Agama agama) et des crocodiles (Crocodylus suchus) (Djibo, 2004).

Selon Chirio (2007), la région du W abrite environ 83 espèces de reptiles appartenant à 5 grands groupes suivants :

- 8 espèces de Tortues (3 pélomédusidés, 3 testudinidés, 2 trionychidés) ;

- 1 espèce de Crocodile ;

- 26 espèces de Lézards (5 gekkonidés, 4 agamidés, 3 caméléonidés, 4 lacertidés, 8 scincidés, 2 varanidés)

- 2 espèces d’Amphisbènes (Cynisca leucura ;

- 46 Serpents (2 Typhlopidés, 3  Leptotyphlopidés, 1 Boïdé, 2 Pythonidés, 22 Colubridés, 5 Atractaspididés, 7 Elapidés, 4 Vipéridés).

2.6.2.4.4. Amphibiens

Les batraciens n’ont pas fait l’objet d’études complémentaires à nos jours. Ils sont représentés par de nombreuses espèces de crapauds (Bufo sp) et de grenouilles (Rana, Ptychadena, etc) qui fréquentent les différents plans d’eau de la région (Djibo, 2004).

2.6.2.5. Ressources Halieutiques

Selon Djibo (2004), l’ichtyofaune comprend 114 espèces représentatives de la faune mégapotamique d’Afrique de l’Ouest. Les taxons les plus communs dans les captures sont :

Synodontis sp

Tilapia niloticus

Citharinus latus

Hydrocinus forscalii

Lates niloticus

Clarias sp.

Campylomormyrus tamandua

Labeo senegalensis

Bagrus filamentosus

Alestes sp.

Polypterus senegalus

Protopterus annectens

Malapterurus electricus

Mormyrops deliciosus

Mormyrops oudoti

Hypopotamyrus harringtoni

Hyperopsus bebe occidentalis,

Heterotis sp, etc.

2.6.2.6. Statut des Espèces Fauniques

Le statut des espèces fauniques de la RTFT est intimément ligné à celui des espèces fauniques du Parc Régional du W. En général, toutes les espèces de grands herbivores telles que les grandes antilopes, les gazelles, les buffles sont dans une situation très prolifique malgré l’aridité de la nature et les variabilités climatiques. Même les éléphants ne sont menacées que par des pressions anthropiques comme le braconnage.

Par contre, certaines espèces de grands carnivores comme le lion, le guépard, le léopard et le lycaon sont menacées.

2.6.3. Autres Ressources Naturelles

2.6.3.1. Ressources Hydriques

Le réseau hydrographique de cette de la RTFT est assez dense. Il est composé du fleuve Niger et ses affluents, quelques mares semi-permanentes et temporaires (Moussa, 2012).

Le régime des eaux temporaires est intimement lié à celui des précipitions. On note ainsi une succession de crues et de décrues durant l’hivernage de juin à octobre et une longue période de tarissement entre octobre et mai (Moussa, 2012)..

2.6.3.1.1. Mares

Il existe dix-neuf (19) mares permanentes et semi- permanentes qui jouent un rôle déterminant dans l’approvisionnement en eau des populations humaines et animales de la zone de la RTFT (Mahamadou, 2010).

2.6.3.1.2. Fleuve

Tout comme le Parc Régional du W du Niger, une partie de la RTFT est traversée par le Fleuve Niger dans sa partie sud – est sur une trentaine de kilomètres. 

2.6.3.1.3. Rivières

La Réserve Totale de Faune Tamou recèle quelques potentialités hydriques parmi lesquelles on peut retenir le fleuve Niger et ses quatre (4) afluents à savoir le Goroubi, le Diamangou, et la Tapoa.

2.6.3.2. Ressources Pastorales

La RTFT regorge d’importantes ressources pastorales composées du cheptel, des couloirs de passage et de transhumace, les aires de pâturages, l’Enclave pastorale la Zone Ayinoma…

2.6.3.2.1. Cheptel de la zone de la RTFT

Les populations tiraient leur subsistance de l’élevage. Il constitue la seconde mamelle de l’économie rurale et est pratiqué de manière extensive. Il procure souvent des revenus supérieurs à ceux générés par l’agriculture. Les disponibilités fourragères font de la commune rurale de Tamou une zone de transhumance par excellence ; comme en témoigne les multiples convergences des troupeaux pendant la saison sèche (Moussa, 2012).

Les différentes espèces animales élevées sont les bovins, les ovins, les caprins, les camelins, les équins et les asins (Moussa, 2012).

Tableau 21 Répartition du cheptel par espèces dans la RTFT

Espèces

Nombre

UBT

Bovins

72494

54370,5

Ovins

67713

10156,95

Caprins

73382

11007,3

Asins

1887

1698,3

Camelins

148

148

Total

215624

77381,01

Source : PDL 2003

2.6.3.2.2. Couloirs de Passage ou de Transhumace

La transhumance correspond à des mouvements de grande amplitude du bétail (nord-sud à l’aller et sud-nord au retour). Les trajets effectués pouvant être de plusieurs centaines de kilomètres, le dépassement des frontières du pays d’origine est assez fréquent. Elle concerne avant tout les bovins qui ont une demande en quantité et en qualité de fourrages plus importante que les caprins ou les ovins (Convers, 2002).

Pour ce faire, des axes de transhumance quittant les zones d’attache nigérienne pour les zones d’accueil bénisoises et burkinabées (dans le Parc du W ou non) étaient donc identifiées.

Les points repères, villages, marchés, routes, puits, forages, mares, rivières, forêts, aires de pâturage sur les itinéraires de chaque axe sont identifiés. Une description sommaire du paysage environnant tel que les routes, les villages, les marchés, les cultures, les jachères, la savane, les points d’eau, etc…

Ainsi, trois principaux axes de transhumance au départ du Niger vers le Burkina Faso et le Bénin, ont été identifiés et tracés.

2.6.3.2.3. Aires de pâturages

Des aires de paturage ont aussi été identifiées dans la zone. Il s’agit de :

- l’aire de pâturage de Pamboi (rive droite) ;

- l’aire de pâturage de Wouro Baoulé (rive droite) ;

- l’aire de pâturage de Tchoura (rive droite),

- l’aire de pâturage de Panoma (rive droite) ;

- l’aire de pâturage de Tchentchergou (rive droite) ;

- l’aire de pâturage de Boki (rive droite).

2.6.3.2.4. Enclave pastorale

En 2010 lorsque la saison hivernale a été déficitaire, une enclave pastorale a été créée dans la Réserve Totale de Faune de Tamou par Arrêté N°06/DDS du 14 juin 2010 en vue de remedier au déficit fourragers.

Cette enclave pastorale qui couvre une superficie de 25 000 ha vise à réduire les menaces de la transhumance au niveau du noyau central de la Réserve de Biosphère Transfrontalière du W.

Cette enclave permet de résoudre des problèmes ponctuels de fourrages en année critique, par conséquent, l’exploitation de cette ne doit pas depasser un mois.   

2.6.3.3. Zone Ayinoma

La zone d’Aïnoma correspondant à la partie nord-est de la Réserve Totale de Faune de Tamou déclassée. En 1976, face aux problèmes de sécheresse que connaissent les départements plus au nord, le gouvernement nigérien décida de déclasser cette zone afin de permettre l’installation d’agriculteurs au détriment des pasteurs qui y vivaient déjà. Actuellement, « elle est  une zone de tensions foncières qui pourraient se traduire par une pression de plus en plus forte sur les ressources de la RTFT et du Parc W. De ce fait, elle est prise comme une entité unique où les dynamiques agropastorales et sociales devraient être surveillées » (Magha et al., 2002).

2.6.3.4. Beauté du Paysages

Comme le montre la description de l’Aire Protégée, la RTFT est une réserve qui se situe entre la zone soudanienne et sahélo-soudanienne. En dépit de son écosystème qui présente plusieurs facettes en forme de steppes arbustives, de brousses tigrées à combretacées de savanes arborées de formations forestières denses offre une beauté exceptionnelle au paysage de la RTFT. Les Trois (3) rivières (Gouroubi, Diamangou et Tapoa, et le fleuve Niger qui arrosent la réserve lui offre un autre visage qui accentue sa beauté car autours de ces points d’eau se développe une autre sorte de végétaton qui rend le panorama de la réserve plus joli.                                                                                               

2.6.3.5. Pistes

La RTFT n’a pas véritablement beaucoup de pistes en dehors de celles qui relient les villages entre eux. C’est pourquoi en cas d’aménagement, des pistes de surveillance et de visite devraient être confectinnées afin d’assurer une bonne gestion de l’Aire Protégée.

2.6.3.7. Sites Touristiques

Avec la diversité et la richesse de ses ressources naturelles, la RTFT dispose de beaucoup de potentialités écotouristiques dont certains peuvent même être transformés  en sites touristiques. C’est le cas de la rivière Gouroubi et Diamangou, le fleuve Niger et ses rivages.

2.6.4. Etat de Conservation de l’Aire Protégée

La conservation de la RTFT reste un défi majeur des gestionnaires de cet espaces. Malgré la présence de l’Unité de Gestion de l’Aire Protégée et quelques agents forestiers pour faire respecter la réglementation qui régit la RTFT.

Donc en dépit de la présence de l’UGAP, la tâche demeure toujours complexe face au défrichement persistant de la réserve, la dégradation du milieu et la disparition ou du moins la raréfaction de la faune avec le recul de la biodiversité du nord vers le sud.

Aujourd’hui, la réserve est fortement anthropisée consécutivement à l’installation des champs de cultures ce qui entraine la disparition de certaines espèces qui jadis se recontraient assez facilement dans la zone.

Cependant, depuis longtemps abandonnée, la RTFT est aujourd’hui en voie de réhabilitation. Dès que les structures et les outils de gestion de la réserve seront définitivement opérationnels, la RTFT retrouvera son bon niveau de conservation.

2.6.5. Statuts de l’Aire Protégée

2.6.5.1. Statuts Juridiques de la RTFT

La Réserve Totale de Faune de Tamou a pour principale base juridique les deux (2) textes suivants :

- le décret N°62-188/MER du 8 Août 1962, portant constitution d’une reserve totale de faune à la limite Nord-Ouest du Parc National du W.

Ce décret constitue le document juridique qui créé la Réserve Totale de Faune de Tamou.

- le décret N°76-141/PCMS/MDR du 12 Août 1976, portant constitution d'une Réserve de Faune dans la zone adjacente à la limite Nord-Ouest du Parc National du "W", la Réserve Totale de Faune de Tamou (RTFT). Ce décret modifie le décret N°62-188/MER du 8 Août 1962.

Ce texte a réduit la réserve de Tamou de 140 740 ha à 77 740 ha afin de permettre au populations du nord ouest de Tillabéri de s’installer dans zone pour faire de la production agricole.

Les principales dispositions de ces textes sont :

Ø   permis de visite obligatoire (cf : article :2),

Ø   tout acte de chasse ou de capture est formellement interdit (sauf exception, cf : article 12),

Ø   sont également interdits la construction de nouvelles habitations ou campement, le défrichement de nouvelles terres, la coupe d’arbres et la pêche (cf : article 10),

Ø   seuls quelques cueillettes et le ramassage du bois mort sont tolérés (cf : article 11).

Ces textes sont imprécis et pour certains contradictoires. Ils sont difficilement applicables face à la pression démographique, agricole et pastorale. La réglementation de la réserve ignore complètement le mode de vie des habitants de cette région basé sur le libre accès aux ressources naturelles. L’Etat n’ayant développé aucune forme de compensation à la suite de la mise en place de cette réserve.

2.6.5.2. Labels

La RTFT est l’une des zone tampon de la Réserve de Biosphère Transfrontalière du W (RBT/W) depuis 2002 après la désignation du Complexe des Parc W en Réserve de Biosphère transfrontalière ésignation

2.6.6. Importance Socioéconomique de l’Aire Protégée

La position géographique de la RTFT la présdispose à la pratique d’activités socioéconomique, notamment l’agriculture, l’élevage, le commerce, la pêche, l’apiculture, l’artisanat, la cueillette et l’exploitation du bois. 

2.6.6.1. Activités agricoles

L’agriculture est la principale activité de la population de la zone. C’est une agriculture de subsistance à faible productivité, orientée vers l’autoconsommation et de type extensif utilisant des outils aratoires et l’énergie humaine (Moussa, 2012). Elle constitue la première préoccupation de la population. L’agriculture est pratiquement exercée par tout le monde et, est tournée principalement vers la production céréalière destinée à l’alimentation familiale. On y pratique à l’échelle de la commune (Moussa, 2012) :

Elle est constituée principalement de cultures pluviales  dont les espèces cultivées sont : le mil (Pennicetum américanum), le sorgho (sorghum bicolor), l’arachide (Arachis hypogea), le Haricot (Vigna-unguic Ulester), l’Oseille (Hibiscus sabdarifffa), le Gombo (Hibiscus esculentus) le sésame, courges, le voandzou et le tabac (Mahamadou, 2010).

Les  cultures irriguées sont pratiquées sur la rive du fleuve Niger, autour des point d’eau,  et dans les bas- fonds. Elles concernent les activités maraîchères de légumes, la culture de riz et des vergers pour la production des agrumes, pratiquées en général par les Foulmangani, Gourmantché et des Zarma.

Ces pratiques agricoles se font du nord de la réserve vers le sud et sud-ouest, limite avec le Parc Régional W du Niger. Cela entraine l’avancée du front agricole des zones banales aux Aires Protégées.

2.6.6.2. L’Elevage

Hormis le travail agricole, les populations tiraient leur subsistance de l’élevage extensif est pratiqué dans la zone de la réserve où on constate de plus une conversion des agriculteurs en agropasteurs, ou des éléveurs en agriculteurs ou en agropasteurs (Aïssa, 2003).

L’élevage constitue la seconde mamelle de l’économie rurale. Il procure souvent des revenus supérieurs à ceux générés par l’agriculture. Les disponibilités fourragères font de la commune rurale une zone de transhumance par excellence ; comme en témoigne les multiples convergences des troupeaux pendant la saison sèche. On y compte 4 centres d’intervention de base (CIB)  dont les marchés sont contrôlés ; il  s’agit de Tamou, Bokki, Allambaré et Guémé (Moussa, 2012).

Les différentes espèces animales élevées sont les bovins, les ovins, les caprins, les camelins, les équins et les asins. Mais, des sérieux problèmes minent l’activité pastorale dans cette contrée. Les plus importants sont l’insuffisance d’aliments, le manque d’encadrement des pasteurs, le problèmes de transhumance, le manque de parc de vaccination, très peu de couloir de passage, le manque d’aire de pacage des animaux et le manque de produits vétérinaires (Moussa, 2012).

Les populations locales au sein de la réserve pratiquent l’embouche et l’élevage des cases où le bétail est laissé en divagation autour des villages, dans l’Aire Proégée et dans les champs pour valoriser les sous produits de l’agriculture. Les animaux embouchés sont souvent vendus sur les marchés locaux de Allambaré et Guémé pour résoudre certains problèmes de leurs propriétaires.

Les espèces élevées sont : les camélins, les bovins, les caprins, les ovins, les asins et la volaille notamment les pintades dont la production d’œufs est très appréciable (Aïssa, 2003).

La croissance démographique oblige les agriculteurs au défrichement des terres y compris dans les Aires Protégées entrainant du coup la déforestation et la dégradation du couvert végétal, par conséquent du pâturage aérien de la réserve. Cette situation est la cause du rétrécissement de l’espace pastoral qui se caractérise par l’occupation de la principale aire pastorale d’où la réduction de la mobilité du bétail. Les éleveurs éprouvent de plus en plus un sentiment «d’étouffement » dans leur propre terroir et donc une forme d’injustice à leur endroit (Mahamadou, 2010).

2.6.6.3. Exploitation Forestière

Les départements de Say, Kolo et Birni Gaouré disposent des ressources forestières qui font l’objet d’exploitation contrôlée par le biais des marchés ruraux de bois. Au niveau de la commune rurale de Tamou on y dénombre cinq (5): Yantridé, Bossongri, Paoli, Sefoga et Tampantiouna où seul le bois mort est ramassé par des bûcherons, organisés en coopérative (Amadou, 2005). Mais depuis l’avènement de la route Say-Tapoa, avec le deboisement qu’il y a eu lors de la réalisation de cette route bituméee et l’extraction du bois qui s’en est suivie, quelques individus ont continué l’exploitation et à la vente du bois provenant de la réserve.

2.6.6.4. Exploitation des Produit Forestiers Non Ligneux (PFNL)

C’est la récolte des produits végétaux sauvages, y compris le bois mort, mais aussi la pêche, la chasse, l’apiculture et la cueillette.

2.6.6.4.1. Chasse

Pratiquée par l’homme depuis la nuit des temps, la chasse est strictement interdite dans la RTFT au régard de son statut d’Aire Protégée et zone tampon au Parc Régional W et à la Réserve de Biosphère Transfrontière du W.

Toutefois, les populations résidente de la réserve se contentent du petit braconnage de subsistance pour satisfaire leur besoin alimentaire en protéine animale.

En outre, des permis de la petite chasse sont délivrés pour chasser des oiseaux d’eau sur le fleuve Niger et dans les zones banales de la région.

2.6.6.4.2. Pêche

La présence du fleuve Niger et de certains de ses affluents dont le Goroubi, le Diamangou, favorise la pratique des activités piscicoles dans la réserve de Tamou. Cette activité contribue de façon substantielle à la vie économique des riverains de ces points d’eau. La pêche est surtout pratiquée sur le fleuve par les Sorkos ou des agro-pêcheurs (Oumarou, 2003). Les produits provenant de la pêche sont destinés soit à la consommation familiale ou à la commercialisation.

2.6.6.4.3. Apiculture

C‘est une des activités économiques phares de la zone. La RTFT en dépit des ressources végétales et hydriques qu’elle dispose font d’elle une zone à forte potentialité apicole. L’apiculture est pratiquée par une partie des populations des villages de Tamou, d’Allambaré, de Waygorou et surtout de Moli. Compte tenu des impacts économiques de cette activité procurant à la population des revenus substantiels, d’autres villages (Tondèye, Karey- kopto) de la zone et particulièrement ceux de la région du fleuve Niger sont entrain de la pratiquer.

La production du miel dans la RTFT se fait sous la banière de l’Association des « Apiculteurs de la Région du W ». Les produits provenant de l’apicultures sont divers : le miel, la propolis et, la cire et ses autres produits dérivés très appréciés par la population de Niamey la capitale du Niger qui se situe à quelque encablure de la réserve.

Grâce au label du milieu (Parc Régional du W) où le miel est produit, il est très bien apprécié des consommateurs de Niamey au point où l’offre est toujours très inférieur à la demande, le besoin est de plus en plus grandissant.

L’apiculture est pratiquée dans cette zone où la végétation est particulièrement riche en plantes mellifères (Djibo, 2004) : Azadirachta indica, Citrus sp, Acacia sp, Parkia biglobosa, Vitellaria paradoxa, Mangifera indica, Tamarindus indica, Diospiros mespiliformis, etc. L’apiculture traditionnelle est basée sur l’emploi des matériaux locaux. Les ruches traditionnelles en paille tressée sont suspendues aux branches des arbres à la fin de la saison des pluies, soit en octobre soit en novembre. Une à deux ruches sont suspendues à un arbre, à une hauteur de 10 à 15 mètres et sont laissées là pendant huit à neuf mois avant de procéder à la récolte (Djibo, 2004).

Les apiculteurs qui utilisent des ruches traditionnelles laissent le miel s’égoutter des rayons, et ce miel n’est généralement pas conditionné de manière satisfaisante. L’apiculture a besoin pour son développement de plus d’organisation, de formation, de modernisation, d’extension et de coopération. Des efforts importants doivent être faits par les nombreux projets et Ong pour moderniser et développer la production du miel et de cire par l’élaboration et l’exécution d’un programme visant l’amélioration des activités apicoles (Djibo, 2004).

La production de miel est en moyenne de 20 à 25 kg pour les ruches modernes et de 3 à 8 kg seulement pour les ruches traditionnelles. Pour ce faire, il est nécessaire d’élaborer pour l’apiculture des technologies efficaces et adaptées aux conditions locales permettant aux petits producteurs d’obtenir des revenus plus importants de leurs ruches (Djibo, 2004). Ces technologies doivent conserver et utiliser au mieux les ressources naturelles. Une difficulté majeure pour le développement de l’apiculture est le manque de matériel spécifique sur le marché local (Djibo, 2004).

2.6.6.4.4. Cueillette

Les énormes potentialités ligneuses de la zone autorisent la pratique de la cueillette. Les produits les plus concernés sont les baies et les fruits, les feuilles, les fleurs, les écorces et les racines des arbres. Même si la cueillette a subi un recul notable à la suite de la dégradation de la végétation, la reproduction spontanée continue d’apporter une contribution significative à la vie économique et matérielle des communautés locales (Moussa, 2012).

L’exploitation des Produits Forestiers Non Ligneux (PFNL) tels que la gomme arabique, les fruits, les graines et même les feuilles de certaines espèces ligneuses est autorisée dans la RTFT.

Le principaux produits de cueillette observés sur les marchés.

          - le beurre de karité;

          - les fruits de Vitellaria paradoxa;

          - les graines, fruits et poudre de néré (Parkia biglobosa);

          - les feuilles de Baobab (Adansonia digitata);

          - le miel;

          - les cordes confectionnées à partir des fibres d’Adansonia digitata;

          - la gomme arabique.

Le principaux produits de cueillette des terroir sont les produits de cueillette utilisés dans la construction des cases et clôtures tels que :

- la paille d’Andropogon gayanus ;

- l’écorce de Piliostigma reticulatum ;

- les perches et poteaux de Combretum nigricans.

Les produits de cueillette utilisés dans l’alimentation : le beurre de karité; les fruits de Vitellaria paradoxa ;

Les produits de cueillette utilisés dans l’artisanat :

          - les cordes confectionnées à partir des fibres d’Adansonia digitata;

2.6.6.4.5. Le Commerce

Après l’agriculture et l’élevage, le commerce est l’une des activités économiques qui Procure aux populations de la zone des revenus importants. Il est pratiqué sur l’ensemble de la zone soit à travers l’exploitation de ces ressources naturelles locales ou par des transactions des marchandises et autres produits manufacturés provenant des pays voisins. Le commerce est entrain de connaître au niveau de la zone du fleuve Niger, un développement prononcé grâce aux opportunités offertes par le trafic fluvial et la proximité des pays voisins (Garba, 2004).

C’est une activité très développée dans les localités de la réserve. En effet, la commune rurale de Tamou compte un nombre important de marchés : Bokki, Guémé, Tamou, Allambaré, Ouro Tchaké, Ouro Dori, Dantiandou, Tampanga, Débou, Djangoré, Wey Gorou,…etc. Mais, ce commerce est fortement dominé par l’informel. Il renferme différentes catégories de commerçants ambulants, des tabliers,…etc. Les produits commercialisés sont :

- les céréales, les bétails sur pieds, les volailles ; bref tous les produits agro-pastoraux ;

- les produits de première nécessité : sel,  sucre, savon, pétrole,…etc. ;

- les produits artisanaux  et de cueillette ;

- les plats cuisinés tels que la galette, le beignet, la boule,…etc.

Les difficultés rencontrées par ce secteur sont l’impraticabilité des pistes, le manque de structures de crédit, le manque de moyens de transport des marchandises et le non aménagement des marchés.                                                                      

2.6.6.4.6. Artisanat

L’artisanat est basé sur l’exploitation et la transformation des ressources naturelles du milieu. Ainsi, on y rencontre toute une gamme de produits fabriqués localement par des cordonniers, Potiers, et autres tisserands (Garba, 2004). A ceux-là s’ajoutent, les forgerons fabricants d’outils aratoires.

2.6.6.4.7. Pharmacopée 

La RTFT en dépit de ses potentialités végétales où la plupart des espèces végétales présentes au Niger mais ayant disparu dans certaines zones, se retrouve dans le Parc W et ses zones tampons, et par conséquent, dans la réserve de Tamou. C’est pourquoi, on note une diversité de produits utilisés dans la médecine traditionnelle d’où leur utilité. Il faut préciser que c’est surtout la population à faible revenu qui fait recours à ces produits.

2.6.7. Recherches Scientifiques dans l’Aire Protégée

Tout comme le Parc Régional du W, la Réserve Totale de Faune de Tamou a fait l’objet de beaucoup de recherches scientifiques dans le cadre des thèses de Doctorat, de Master, et de mémoires d’études.

Des Universités et de centres ou instituts de recherche utilisent la réserve de Totale de faune de Tamou pour effectuer des activités dans le domaine.

L’avènement du Projet ECOPAS, WAP, PriParc, PAPE et PR-RBT/W de la Giz ont réaliser ou aussi des activités tant dans la recherche appliquée que dans la recherche fondamentale à travers des appuis dans ce sens au niveau des professionnels, des étudiants, et des stagiaires.

En outre, l’ONG – ZSL (Société Zoologique de Londre) a un ambitieux programme de mise en œuvre de la stratégie de conservation du guépard et Lycaon   

2.6.8. Mode de Gestion de l’Aire Protégée

Depuis longtemps restée à l’ombre du Parc Régional du W du Niger, la RTFT dispose aujourd’hui du minimum de structures de gestion telles que l’ Unité de Gestion de l’Aire Protégée (UGAP) et de quelques outils de gestion dont le Plan de Travail Annuel (PTA) et les Outils d’évaluation de l’efficacité de gestion.

2.6.8.1. Structures ou Organes de gestion

2.6.8.1.1. Unité de Gestion de l’Aire Protégée (UGAP)

La RTFT depuis 2014 dispose désormais d’ Unité de Gestion de l’Aire Protégée (UGAP) pour la prise en charge des actions de gestion. Au paravant, la RTFT était gérée par l’UGAP du Parc National du W du Niger en dépit de l’absence d’une structure appropriée de gestion des ressources naturelles de la réserve.

2.6.8.1.2. Poste de Contrôle avancée/poste de surveillance

Pour la Gestion de la RTFT, il n’y a pour le moment aucun Poste de Contrôle avancée ou poste de surveillance. Toutefois, le poste de contrôl avancé de Allambaré bien que sous la responsabilité de l’administration du Parc Régional du W du Niger, se situe dans la Réserve Totale de Faune de Tamou

2.6.8.1.3. Cadre de Concertation

La Zone de la RTFT dispose d’un cadre de concertation qui prend en compte tous les processus de concertation de gestion des ressources naturelles de la biodiversité de la région. Ce mécanisme a pour objectif, de mettre en place ou de redynamiser des organes  représentatifs  locaux permettant de soutenir le dialogue et la cogestion autour des Aires Protégées du Complexe WAP. De manière plus spécifique, le cadre de concertation vise à :

- Analyser les mécanismes de consultation et de dialogue existants et identifier les points forts et les points faibles en vue de favoriser la mise en place d’un cadre consultatif de cogestion  fonctionnelle et durable.

- Mettre en place un cadre consultatif de cogestion représentatif des acteurs impliqués dans la gestion du Complexe WAP à l’échelle de la commune de Tamou,  capable de soutenir de façon durable un processus de gestion partagée des ressources naturelles renouvelables.

- Créer les conditions de mise en place des organes inter- communaux de consultation et de cogestion autour du complexe.

2.6.8.2. Outils de gestion

2.6.8.2.1. Plan de Travail Annuel (PTA)

En debut de chaque saison, le conservateur élabore un Plan de Travail Annuel qui va être son guide dans le cadre de la mise en œuvre des activités de gestion de la réserve de Tamou. Ce document permet aux gestionnaires d’avoir un outil de gestion quotidienne de la réserve. Il prend en compte toutes les actions qui seront réalisées dans l’année.     

2.6.8.2.2. Pan d’Aménagement et de Gestion (PAG)

La RTFT ne dispose pas de Plan d’Aménagent et de Gestion (PAG) à elle seule. Cependant, dans le cadre de l’élaboration du PAG de la Réserve de Biosphère Transfrontière du W (RBT/W), il est prévu que celui-ci soit décliné par composante dont celle du Niger qui prend en compte la Réserve Totale de Faune de Tamou qui en est naturellement sa zone tampon.

2.6.8.2.3. Business Plan/Plan d’Affaire

Cet document est en élaboration pour l’ensemble de la RBT/W.

2.6.8.2.4. Outils d’évaluation de l’efficacité de gestion

Quelques un des outils d’évaluation de l’efficacité de gestion ont été appliqués. Il s’agit de :

  - ‘’Rapid Assessment and Prioritization of Protected Areas Management (RAPAM)’’ utilisé par l’UICN dans le cadre du Programme Aires Protégées Afrique Centrale et Occidentale (PAPACO) pour l’Evaluation de l'efficacité de la gestion des Aires Protégées ;

- le ‘’Management Effectiveness Tracking Tools (METT)’’ utilisé par tous les projets GEF pour l’évaluation de l’efficacité de gestion des aires protégées ;

- le ‘’Financial Score Card (FSC)’’ utilisé pour évaluer l’efficacité et la durabilité financière des Aires protégées à travers l’analyse de leurs revenus générés, des allocations budgétaires, et de leurs besoins en financement ;

- la ‘’Matrice de Développement des Capacités (MDC)’’, utilisée pour développer une approche destinée à évaluer les capacités d’un pays à établir, gérer et soutenir un système efficace d’Aires Protégées ;

- ’’Enhancing Our Heritage ‘’(EOH) « Améliorer votre Patrimoine » qui est un système d’évaluation des Aires Protégées utilisé par l’UICN donnant les informations de base pour développer des procédures adaptatives de gestion ;

- le ‘’Spatial Monitoring and Reporting Tools (SMART)’’, un outil utilisé dans le cadre de la Lutte Anti Braconnage (LAB) dans les Aires Protégées consistant à l’application du logiciel SMART dans le traitement et l’analyse des informations liées à la lutte contre le braconnage ;

- et enfin l’outil ‘’Integrated Managment Effectivness Tool ’’ (IMET) autrement dit « Outils d’intégration à la gestion efficace » des Aires Protégées qui est un outil d’aide à la décision dans les Aires Protégées.

2.6.8.2.5. Mécanisme de Financements Durables

La RTFT sera pris en charge par le mécanisme de financement durable de la Fondation des Savanes Ouest Africaines (FSOA) dès qu’il sera opérationnel dans le Composante du Niger du Complexe WAP

2.6.9. Participation des Communautés Locales

La gestion de la RTFT est assurée par l’implication des communautés locales aussi bien dans la Lutte Anti Braconnage que dans les travaux d’aménagement de la réserve. Des  écogardes sont recrutés parmis les membres de la population riverraine de la réserve. La main d’œuvre pour la réalisation des différents travaux d’aménagement qui sont effectués en début de saison touristique dans le Parc Régional W et dans la Réserve de Tamou, est recrutée parmi cette population.

2.6.10. Potentialités écotouristiques de l’Aire Protégée

Tout comme le Parc Régional du W, la Réserve Totale de Faune de Tamou dispose de certaines infrastructures touristiques d’accueil telles que des Campements Touristiques et un Hôtel. 

2.6.10.1. Infrastructures touristiques d’accueil

Les Infrastructures touristiques d’accueil sont généralement celles qui désservent le Parc Régional W. C’est le cas de l’Hôtel Relais de la Tapoa, du Campements Touristiques de Molli Haoussa et du restaurant de Allambaré. 

2.6.11. Partenaires Technique d’Appui

2.6.11.1. Institutions Etatiques

La RTFT se trouve dans la Commune Rurale de Tamou, qui elle-même est dans le département de Say. De ce fait, il y a des services déconcentrés et décentralisés de l’état dans la zone avec lesquels la RTFT est censée travailler.

2.6.11.2. Projets et Programmes de Développement

Parmi les Projets et Programmes de Développement qui interviennent dans la zone de la RTFT, on peut citer :

- Projet Régional de la Réserve de Biosphère Transfrontalière du W ;

2.6.11.3. ONG et Associations

Pour ce qui est des ONG et Association, on peut retenir :

          - l’ONG Conservation et Gestion des Zone Humides (COGEZOH) ;

          - l’ONG ATPF

          - l’ONG – ZSL (Société Zoologique de Londre)

2.6.12.  Acquis, Defis et Perspectives

Entre autre comme acquis, on peut retenir la création et la mise en place d’une Unité de Gestion de l’Aire Protégée de Tamou avec la nomination d’un conservateur et l’affectation des agents forestiers pour la conservation et la gestion de la réserve.

Les défis pour la conservation de cette réserve est le maintien de son état de conservation face aux velléités d’exploitation d’or.

Les perspectives pour cette réserve seront de créer des postes de contrôle avancés dans les principales zones stratégiques de la réserve. Juguler le braconnage dans la zone pour inverser la tendance de dégradation des ressources naturelles.

Créer les infrastructures d’accueil dans certaines parties appropriées pour mieux valoriser les ressources.

Compléter les structures (les autres sections) et outils (PAG, Business Plan, Outils d’évaluation de l’efficacité de gestion, Mécanisme de Financements Durables) de gestion de la RTFT qui manquent.

Release date 29/04/2019
Contributor sani issaka