HTML Document Le Parc du "W"

Release date 16/07/2008
Contributor mariama galadima

Comme partout ailleurs dans le Sahel, les premières aires protégées nigériennes, ont été créées principalement pour la protection de la faune sauvage. Cette action a été certainement motivée par la disparition de la faune et par le désir de conserver des assemblages fauniques spectaculaires existants. Il a donc été établi par décret du gouvernement colonial de l’Afrique occidentale française (AOF) en aire protégée le 13 octobre 1926. Il est situé entre le fleuve Niger et les rivières de la Tapoa et de la Mékrou, le parc de refuge de W fut l’une des premières aires protégées créées en Afrique de l’Ouest.

Du fait de sa richesse en faune et de la diversité de ses habitats, le parc de refuge jouit de l’attention des scientifiques réunis à Londres en 1933 dans le cadre de la conférence internationale sur la convention de la faune africaine. Cette rencontre a aboutit à la création de la convention de la faune africaine, à la préservation de la faune et de la flore naturelle dite « convention de Londres ». Elle a outre recommandé que le parc de refuge soit en parc national et mis en gestion afin de garantir la pérennité des ressources naturelles.

Après son classement en tant que «réserve totale de faune et de forêt classée du W du Niger, par arrêté n° 4676/sef du 25 juin 1953. Il fut érigé le 4 août 1954 en Parc National du W du Niger, relatif à la conservation de la faune et de la flore en Afrique.

Le Parc National du w du Niger est inscrit sur :

  • la liste des zones humides d’Importance Internationale, particulièrement pour les oiseaux d’eau en 1987 ;
  • la liste des sites RAMSAR en 1987 qui est un organisme international dont la mission est : la conservation et l’utilisation durable à travers l’action nationale et la coopération internationale comme voies pour atteindre le développement durable partout dans le monde ;
  • la liste du patrimoine national de l’UNESCO en 1996, et comme réserve de Biosphère du Programme Man and Biosphère (MAB) en 2000.

Le Parc National du W du Niger avec une superficie de 330.000 ha abrite quelques :

  • 70 espèces de grands mammifères ;
  • plus de 350 espèces d’oiseaux migrateurs et sédentaires ;
  • 112 espèces de poissons ;
  • 454 espèces végétales formant une variété de formations végétales en raison des
  • Caractéristiques édaphiques et orographiques ;
  • 150 espèces de reptiles et amphibiens ;
  • et un important peuplement d’invertébrés.

En matière des ressources forestières, on distingue plusieurs types de formations végétales dans le Parc National du W, dont entre autres :

  • les savanes boisées à Terminalia avicionnoides et Anogeissus leiocarpus qui sont localisées au niveau des versants colluvionnaires et les terrasses à proximité des koris ;
  • les savanes arbustives à Combretum sp qui sont situées sur les plateaux latéritiques, sur les sols ferrugineux, les lithosols et les régosols ;
  • les galeries forestières à feuillage caduc (Diospyros mespiliformis) ;
  • les galeries forestières à feuillage sempervirent (kigelia africana, khaya senegalensis), le long des cours d’eau ;
  • les galeries forestières à feuillage semi sempervirents (viter sp) ;
  • et les plaines d’inondation (Mimosa pigra, Mitragyena inermis).

De façon générale, les espèces forestières les plus fréquemment rencontrées sont : Adansonia digitata, Sclerocarya birrea, Lannea microcarpa, Vitellaria paradoxa, Parkia biglobosa, Faidherbia albida. Quant aux herbacées, elles sont dominées par Loudetia togoensis, Andropogon pseudapricus, Pennisetum pedicellatum, Andropogon gayanus.

Les savanes arbustives et arborées sont parcourues par de grands troupeaux d’éléphants, de buffles, d’antilopes, hippotragues, bubales, etc…, dominent largement les paysages.

Cette zone fait l’objet d’une intense exploitation qui contribue fortement à la dégradation de son potentiel en biodiversité dont les principales contraintes sont :

  • le braconnage ;
  • la destruction des habitats ;
  • les feux de brousse ;
  • le faible investissement dans le secteur ;
  • la non maîtrise des effectifs fauniques ;
  • le manque de plan de gestion pour les aires protégées et les zones cynégétiques ;
  • la transhumance ;
  • L’insuffisance de ressources humaines, matérielles et financières.