HTML Document Contraintes et menaces

Release date 16/07/2008
Contributor mariama galadima

La sécheresse combinée à l’exploitation abusive par l’homme des ressources naturelles des zones humides sont à la base de la détérioration des écosystèmes humides du Niger. En effet, près de 90% de la population nigérienne (estimée aujourd’hui à plus de 11 millions) dépend directement des ressources naturelles pour sa subsistance. De nos jours presque toutes les zones humides du Niger sont confrontées aux menaces liées à la nature et/ou à l’homme.

Parmi les menaces et contraintes qui pèsent le plus sur les zones humides on peut citer :

  • L’Ensablement : il concerne presque tous les types de zones humides et est du aux actions combinées du climat (sécheresse) et de l’homme (surexploitation des ressources, mauvaises pratiques culturales).
  • Le Retrait précoce des eaux : l’insuffisance et la mauvaise répartition temporelle de la pluviométrie ainsi que le comblement des mares par les matières solides transportées par l’eau de ruissellement en sont les causes. Il faut noter aussi, la surexploitation de la ressource en eau par les exploitants (surtout agricoles).
  • Le Mode d’exploitation traditionnel (pêche, irrigation, apiculture) : les méthodes d’exploitation et de mise en valeur des ressources naturelles utilisées par les populations des zones humides sont en majorité traditionnelles et ne respectent pas les normes et les conditions à même de garantir la durabilité des ressources.
  • L’Insuffisance de matériels et équipements adaptés : malgré l’avancée de la technologie dans les différents domaines du développement rural, on remarque une insuffisance voire l’absence de matériels et d’équipements modernes adaptés dans les sites d’exploitations. Le manque de filières d’approvisionnement, le manque d’organisation des producteurs/exploitants et de structures de crédit est une des causes de cette contrainte.
  • La Pêche incontrôlée : les zones humides constituent les principales zones de pêche. La pêche occupe une place de choix dans les activités des populations riveraines. Mais le manque ou la faiblesse d’organisation des pêcheurs et l’intérêt économique et nutritionnel des ressources halieutiques entraîne une surexploitation de ces ressources.
  •  La Disparition progressive de certaines espèces : la surexploitation des ressources et leur non renouvellement ont conduit à la disparition des plusieurs espèces animales et végétales. Aussi, d’autres espèces sont actuellement menacées de disparition.
  • Les Feux de brousse (défrichement sur brûlis) : l’extension des terres de culture et la non maîtrise des techniques de défrichement conduisent aux feux de brousse et à la destruction de la végétation.
  • La prolifération des plantes aquatiques envahissantes telles que Tipha Occidentalis au niveau des plans d’eau, la Jacinthe d’eau dans le lit du fleuve Niger. On note aussi la colonisation par le prosopis du lac Tchad rendant de ce fait difficile la navigation.
  • Dégradation des sols : l’aridité du climat, l’extension des terres de cultures, l’exploitation abusive du bois et les mauvaises pratiques culturales sont les principales causes de la dégradation des sols autour des zones humides.
  • Éboulement des berges : la concentration du ruissellement du à la réduction de l’infiltration (glacification des sols) conduit à l’incision linéaire du sol, donc au ravinement. C’est ainsi qu’on assiste dans presque tous les bassins versants des zones humides au développement du ravinement, conduisant ainsi au transport d’éléments solides (sable surtout) dans les lits des plans et cours d’eau.
  • Déboisement excessif (défrichement, exploitation bois) : l’augmentation du besoin en bois (de chauffe, d’œuvre) est à la base de la coupe excessive des bois sur pied entraînant par là même occasion la disparition du couvet végétal.
  • Sur utilisation d’engrais chimiques et pesticides : la pauvreté des sols et le désir de maintenir la production pousse les exploitants agricoles (maraîchage) à un surdosage d’engrais chimiques et des pesticides dans les parcelles de cultures.                                                                                                                  D’une

De manière générale, les contraintes et menaces recensés, ainsi que les types des zones humides concernées sont décrites dans le tableau 1 qui suit :


Tableau 1 : Contraintes et menaces
Types de zones humides Contraintes/Menaces
Plaines inondables des cours d’eau ; mares ; dallols et cuvettesEnsablement 
Mares ; LacsRetrait précoce des eaux 
Plaines inondables des cours d’eau ; mares ; dallols et cuvettesMode d’exploitation traditionnel (pêche, irrigation, apiculture) 
Plaines inondables des cours d’eau ; mares ; dallols et cuvettesInsuffisance de matériels et équipements adaptés 
Mares, LacsPêche incontrôlée :
Plaines inondables des cours d’eau ; mares ; dallols et cuvettesDisparition progressive de certaines espèces 
Plaines inondables des cours d’eau ; mares ; dallols et cuvettesFeux de brousse (défrichement sur brûlis) 
Lac Tchad et vallées de la Komadougou YobéColonisation par le prosopis 
Plaines inondables des cours d’eau ; mares ; dallols et cuvettesDégradation des sols 
Bassins versants des mares, cours d’eauÉboulement des berges
Bassins versants des mares, cours d’eauDéboisement excessif (défrichement, exploitation bois)
Plaines inondables des cours d’eau ; mares Surutilisation d’engrais chimiques et pesticides
Vallée de la KomadougouMonoculture du poivron
Lac Tchad, Komadougou Yobé, GoulbisNon opérationnalité des mécanismes de gestion concertée des ressources partagées
Types de zones humides Contraintes/Menaces
Plaines inondables des cours d’eau ; mares ; dallols et cuvettesRéticence aux innovations
Cuvettes, Dallol (Foga), grandes vallées de l’Aïr ;Salinité des sols
Plaines inondables des cours d’eau ; mares, cuvettesApprofondissement de la nappe
Plaines inondables des cours d’eau ; mares ; dallols et cuvettesManque de statut clair
Vallées des goulbis et de la Komadougou, maresForte pression sur les ressources en eau de surface (surutilisation de motopompes)
Plaines inondables des cours d’eau ; mares ; dallols et cuvettesManque et/ou non fonctionnalité des structures de gestion paysannes
Komadougou YobéInsuffisance des couloirs de passage balisés
Mares ; LacsOccupation anarchique des couloirs et servitudes de passage
Komadougou YobéAttaques parasitaires (poissons et cultures)
CuvettesExploitation abusive des doumiers
Vallée des Goulbis, mares et cuvettes du sud ZinderForte pression foncière (surexploitation agricole)
Plaines inondables des cours d’eau ; mares ; dallols et cuvettesDiminution de la biodiversité animale et végétale
Vallées de la Komadougou et des Goulbis ; mares et cuvettesDifficulté d’accès (risque de conflits)
Vallée du Goulbi KabaFossilisation des cours d’eau
Types de zones humides Contraintes/Menaces
Zones humides urbaines et péri-urbainesProlifération de maladies d’origine hydriques 
Zones humides urbaines et péri-urbainesPollution et nuisance
MaresChangement de la vocation initiale
Plaines inondables des cours d’eau ; mares ; dallols et cuvettesInsuffisance des données (qualité et quantité)
Mares, vallée du fleuve Niger, Dallol MaouriPlantes envahissantes (Tipha O., Jacinthe d’eau, riz sauvage)
Zones humides urbaines et péri-urbainesInsuffisance des terres
Zones humides urbaines et péri-urbainesInsécurité foncière (occupation anarchique de l’espace)
Zones humides urbaines et péri-urbainesUrbanisation
Vallée du fleuve NigerDiminution des bourgoutières traditionnelles
Zones humides urbaines et péri-urbainesPlan de développement urbain obselète
Zones humides urbaines et péri-urbainesManque d’espace réservé à l’élevage péri-urbain
Mares, oasis et cuvettesEnclavement des zones de production
Mare de GuidimouniPopulation incontrôlée de crocodiles

Les contraintes communes à toutes les zones humides sont :

  • Le manque de plan de gestion des zones humides. Dans la plupart des cas, l’exploitation des ressources naturelles des zones humides se fait de manière non rationnelle et sectorielle. En effet, à ce jour, seules trois (3) zones humides du Niger disposent de plan de gestion prenant en compte la dimension de la durabilité ;
  • L’insuffisance de moyens (matériels, humains et financiers) au niveau des services techniques pour le suivi et l’encadrement des producteurs ;
  • La non opérationnalité des filières de production ;
  • Le manque et/ou non fonctionnalité des structures de gestion paysannes ;
  • L’insuffisance d’encadrement ;
  • La pression démographique ;
  • La pauvreté de la population ;
  • Le manque de petites unités de transformation des produits maraîchers ;
  • Le non respect du droit d’usage en commun ;
  • Le manque de concertation entre les intervenants (ONGs, Projets, société civile, services techniques, etc.).